Portrait impressionniste d'une génération
Pour eux, l’Union soviétique, c’est comme l’Empire romain : un truc d’avant leur naissance. Pour eux, les enragés de 68 bougent autant que des momies et Cohn-Bendit ou Krivine sont des inconnus. De vieux inconnus : ils ont plus de 60 ans. Pour eux Sarko est un héros ou un zéro, les politiques sont des bouffons, et la politique, une autre langue. Pour eux, la famille, c’est chez papa qui est trop cool, ou bien chez maman, qui l’est moins, et c’est vachement important dans ma vie, tu vois. Pour eux, le téléphone est un mot de l’autre siècle, mais mon portable, c’est ma vie. Sans lui, les filles sont paralysées, muettes, pour autant dire mortes. Et les mecs qui n’y voient qu’un fil à la patte se la jouent.
Pour eux, MSN c’est le monde des potes, un pays virtuel où ils se retrouvent et souvent se trouvent. Pour eux, la musique se télécharge, la télé est dans la chambre, la sexualité une question de cours, et baiser juste pas évident la première fois. Pour eux, la journée, c’est au lycée ou au café, la nuit c’est en boîte, enfin, surtout l’été qui rime avec liberté. Pour eux, le look peut être mortel, dans les deux sens du terme. Les kilos obsèdent les filles et même les mecs. Tous savent qu’il faut être le plus beau, sinon t’as aucune chance. Pour eux, s’éclater, c’est vodka orange et fumette par-ci par-là, mais pas trop parce qu’il y a le bac et donc là je me suis calmé, tu vois.
Pour eux, la vie, la vraie, commence après le bac, et le ministre qui n’a pas compris ça mérite un zéro. Avant le bac, les profs les prennent pour des gamins, ils les punissent quand ils sont en retard. Pour eux, avant le bac, on n’est rien. Après, pas grand-chose encore, mais au moins l’école est finie. Et l’école, c’est l’enfance, un truc qu’on choisit pas, qui vous range dans des cases d’où on ne peut pas sortir et heureusement qu’il y a des profs « géniaux » qui donnent envie d’apprendre.
Pour eux, l’avenir, ça serait un boulot cool, j’sais pas moi, chanteur ou cinéaste, sans chef sur le dos, quoi. Ca serait une meuf canon. Pas forcément le grand amour, parce que ça ne sert à rien de chercher l’idéal. mais peut-être bien que tout ça, c’est dans tes rêves : l’avenir en vrai, ce sera travailler dur, à cause de la concurrence de la Chine et e l’Inde où ils bossent comme des dingues. Pour eux, la vie n’est pas difficile, juste ennuyeuse, sans folie. Parce que leur génération est endormie. Disent-ils.
Eux, ce sont les lycées et les lycéennes de la cuvée 2008, dont un échantillon gratuit passait à la télé en décembre avec des pancartes qui moquaient Darcos, et le faisaient reculer. Des milliers de garçons et de filles plus tellement adolescents, mais pas encore adultes, qu’il est téméraire de réduire aux quelques traits mentionnés plus haut pourtant tirés de conversations avec quelques 16-18 ans avides d’être écoutés et pourquoi pas, entendus.
Pour eux, MSN c’est le monde des potes, un pays virtuel où ils se retrouvent et souvent se trouvent. Pour eux, la musique se télécharge, la télé est dans la chambre, la sexualité une question de cours, et baiser juste pas évident la première fois. Pour eux, la journée, c’est au lycée ou au café, la nuit c’est en boîte, enfin, surtout l’été qui rime avec liberté. Pour eux, le look peut être mortel, dans les deux sens du terme. Les kilos obsèdent les filles et même les mecs. Tous savent qu’il faut être le plus beau, sinon t’as aucune chance. Pour eux, s’éclater, c’est vodka orange et fumette par-ci par-là, mais pas trop parce qu’il y a le bac et donc là je me suis calmé, tu vois.
Pour eux, la vie, la vraie, commence après le bac, et le ministre qui n’a pas compris ça mérite un zéro. Avant le bac, les profs les prennent pour des gamins, ils les punissent quand ils sont en retard. Pour eux, avant le bac, on n’est rien. Après, pas grand-chose encore, mais au moins l’école est finie. Et l’école, c’est l’enfance, un truc qu’on choisit pas, qui vous range dans des cases d’où on ne peut pas sortir et heureusement qu’il y a des profs « géniaux » qui donnent envie d’apprendre.
Pour eux, l’avenir, ça serait un boulot cool, j’sais pas moi, chanteur ou cinéaste, sans chef sur le dos, quoi. Ca serait une meuf canon. Pas forcément le grand amour, parce que ça ne sert à rien de chercher l’idéal. mais peut-être bien que tout ça, c’est dans tes rêves : l’avenir en vrai, ce sera travailler dur, à cause de la concurrence de la Chine et e l’Inde où ils bossent comme des dingues. Pour eux, la vie n’est pas difficile, juste ennuyeuse, sans folie. Parce que leur génération est endormie. Disent-ils.
Eux, ce sont les lycées et les lycéennes de la cuvée 2008, dont un échantillon gratuit passait à la télé en décembre avec des pancartes qui moquaient Darcos, et le faisaient reculer. Des milliers de garçons et de filles plus tellement adolescents, mais pas encore adultes, qu’il est téméraire de réduire aux quelques traits mentionnés plus haut pourtant tirés de conversations avec quelques 16-18 ans avides d’être écoutés et pourquoi pas, entendus.
Publicité