Albert Camus, esprit libre
Journaliste, écrivain, dramaturge, Albert Camus est mort prématurément, il y a presque cinquante ans, victime d’un accident de la route le 4 janvier 1960, à 46 ans, encore auréolé de son prix Nobel de littérature, reçu deux ans auparavant. La collection de La Pléiade vient d’achever l’édition complète des œuvres de celui qui fut l’honneur des intellectuels de gauche, cet homme toujours révolté qui s’obstina à refuser la moindre compromission.
Extrait de son discours pour le prix Nobel, le 10 décembre 1957 :
« Je ne puis vivre personnellement sans mon art.
Mais je n'ai jamais placé cet art au-dessus de tout.
S'il m'est nécessaire au contraire, c'est qu'il ne me sépare de personne et me permet de vivre, tel que je suis, au niveau de tous.
L'art n'est pas, à mes yeux, une réjouissance solitaire.
Il est un moyen d'émouvoir le plus grand nombre d'hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes.
Il oblige donc l'artiste à ne pas s'isoler ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle.
Et celui qui, souvent, a choisi son destin d'artiste parce qu'il se sentait différent apprend bien vite qu'il ne nourrira son art, et sa différence, qu'en avouant sa ressemblance avec tous.
L'artiste se forge dans cet aller-retour perpétuel de lui aux autres,
à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s'arracher.
C'est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s'obligent à comprendre au lieu de juger.
Et, s'ils ont un parti à prendre en ce monde, ce ne peut être que celui d'une société où, selon le mot de Nietzsche, ne régnera plus le juge, mais le créateur, qu'il soit travailleur ou intellectuel. »
Albert Camus, Discours de Suède, Folio-Gallimard.
Extrait de son discours pour le prix Nobel, le 10 décembre 1957 :
« Je ne puis vivre personnellement sans mon art.
Mais je n'ai jamais placé cet art au-dessus de tout.
S'il m'est nécessaire au contraire, c'est qu'il ne me sépare de personne et me permet de vivre, tel que je suis, au niveau de tous.
L'art n'est pas, à mes yeux, une réjouissance solitaire.
Il est un moyen d'émouvoir le plus grand nombre d'hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes.
Il oblige donc l'artiste à ne pas s'isoler ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle.
Et celui qui, souvent, a choisi son destin d'artiste parce qu'il se sentait différent apprend bien vite qu'il ne nourrira son art, et sa différence, qu'en avouant sa ressemblance avec tous.
L'artiste se forge dans cet aller-retour perpétuel de lui aux autres,
à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s'arracher.
C'est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s'obligent à comprendre au lieu de juger.
Et, s'ils ont un parti à prendre en ce monde, ce ne peut être que celui d'une société où, selon le mot de Nietzsche, ne régnera plus le juge, mais le créateur, qu'il soit travailleur ou intellectuel. »
Albert Camus, Discours de Suède, Folio-Gallimard.
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