Si t'es philo...

Publié le par Guy Le Flécher

Au lycée, le niveau monte, le niveau baisse, ô le sanglot long des profs de philo ! Cracher à la figure de Socrate ? Se moquer du Kant-dira-t-on, jouer les marchands de quatre raisons, apprendre les malheurs de sophiste ? On n’y est (niais ?) pour Bergson, par ici Lamennais, à la Nietzsche tous les pisse-froid ! Qu’importe les Aristote, on les pendra ! Les cerveaux sont en ébullition. Tel esprit qui croyait prendre !
Attention, attaques massives. Appel à la transcendance. A défaut de vaccins à jour, la contamination est inéluctable, voire irréversible. C’est ainsi : jusqu’au 5 décembre, Lille est occupée. Occupée à penser. Une occupation, naturellement, culturellement et heureusement bien pacifique par une troupe de penseurs qui quotidiennement  parleront de l’ « Identité » : des philosophes, des historiens, des écrivains, des juristes, des cinéastes, des économistes... Des éclaireurs de vie. Des antivirus. De quoi désinfecter nos logiciels. Et des invités, toi, moi, chacun de nous. La voix de son être.
Un colloque, un symposium d’universitaires, des “journées d’étude” ? Non, simplement « Citéphilo », 12e édition. Que philosopher, c’est apprendre à courir. A courir les dizaines de rencontres proposées (renseignements au 03 20 55 66 34 et www.citephilo.org). Si t’es philo, c’est pour toi ! Une contre-attaque, un antispam. Debout, les mots !
 Retour de la philosophie ? A moins que ce ne soit les religions qui régressent ou se fanatisent, les idéologies qui déclinent, les sciences humaines qui font moins illusion. Notre société serait-elle pleine de morale mais à ce point vide de sens ? On croit de moins en moins aux réponses toutes faites. On en cherche donc. Cela s’appelle philosopher, ou réfléchir.
Penser sa vie, c’est penser la société, penser les autres et nos relations avec eux. C’est penser le monde, donc le tout. Penser en force, le contraire d’une tour d’ivoire. Une certaine lumière. Comme un bonheur. C’est un des symptômes de cette “philo-folie” qui gagne bien au-delà des cercles érudits. Le remue-méninges est devenu un sport national.
Marc Aurèle et Sénéque,  gourous postmodernes ? Magie de « Citéphilo » : toucher tous les publics. Comme une promesse de philosophie pour tous, qui ferait de Lille la capitale de la pensée, un mois durant. Avec cette année, une belle place faite à la pensée venue d’Iran, pays invité.  La plus belle ville du monde donnera, comme toujours, que ce qu’elle a de mieux. Ce qui se dit chaque automne à Lille depuis douze ans à l’occasion de ces rencontres n’existe nulle part ailleurs. S’il s’agissait de théâtre, ça ressemblerait bien à Avignon.


Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article