Tracas, cas par cas
Le papier toilette qui se coupe trop court quand on le tire, la chasse d’eau insuffisante nécessitant l’attente d’un deuxième remplissage, ces gouttes dans un compte-gouttes qui ne tombent pas ou bien toutes d’un coup : la liste des petits tracas quotidiens est aussi longue qu’un rouleau de papier au début introuvable. Mais que serait la vie sans tracas ? Une vaste étendue de morne satisfaction.
Qui n’a pas mesuré la profondeur abyssale de l’existence en regardant au fond de sa machine à laver la chaussette solitaire ayant mystérieusement perdu son âme sœur, pourtant, bordel de merde, vous étiez bien sûr d’avoir mis la paire ? Qui n’a pas saisi l’essence même de la séparation en essayant, bon sang de bonsoir, de décoller la coquille d’un œuf dur de cette satanée masse de blanc molle aux entournures ? Qui n’a pas sondé la profondeur de son cerveau en constatant au retour des courses, le cabas plein, qu’on a encore oublié ces putains de sacs poubelles ? Qui n’a pas senti le poids inéluctable du temps au volant de sa voiture en voyant devant soi un véhicule attendre une éternité de secondes pour considérer que le feu est bien passé au vert et qu’il serait séant d’enclencher une vitesse, il va avancer ce con, évidemment, ça passe au rouge ?
Vous arrivez chez vous, vous cherchez vos clés dans votre poche droite, elles n’y sont pas, vous cherchez dans vos autres poches, dans votre sac à main ou votre sac à dos, vous recherchez dans votre poche droite, elles y sont. Une fois rentré, vous dînez seul, devant la table basse toujours bancale, malgré les pliages successifs de papier glissés sous le pied. Une fois au lit, vous voulez lire, vous changez de position, on n’est jamais dans la bonne position quand on lit au lit. Vous éteignez. En rallumant aussitôt pour régler le réveil, vous faites tomber vos lunettes.
Bien sûr, le matin, vous marchez sur vos lunettes restées à terre. Vous êtes atterré. Mais content. Car en tâtonnant sous le lit, vous allez retrouver non seulement votre porte-monnaie à soufflet (celui qui laisse s’échapper les pièces), mais surtout, vos lunettes de soleil (celles que vous aviez eu en prime avec vos lunettes de vue), que diable, faisaient-elles là avec cette chaussette que vous cherchiez vainement dans la machine à laver. Vous ne vous tracassez plus. Vous êtes guilleret, d’autant plus qu’il fait plein soleil ce matin et que vos lunettes retrouvées s’imposent.
Qui n’a pas mesuré la profondeur abyssale de l’existence en regardant au fond de sa machine à laver la chaussette solitaire ayant mystérieusement perdu son âme sœur, pourtant, bordel de merde, vous étiez bien sûr d’avoir mis la paire ? Qui n’a pas saisi l’essence même de la séparation en essayant, bon sang de bonsoir, de décoller la coquille d’un œuf dur de cette satanée masse de blanc molle aux entournures ? Qui n’a pas sondé la profondeur de son cerveau en constatant au retour des courses, le cabas plein, qu’on a encore oublié ces putains de sacs poubelles ? Qui n’a pas senti le poids inéluctable du temps au volant de sa voiture en voyant devant soi un véhicule attendre une éternité de secondes pour considérer que le feu est bien passé au vert et qu’il serait séant d’enclencher une vitesse, il va avancer ce con, évidemment, ça passe au rouge ?
Vous arrivez chez vous, vous cherchez vos clés dans votre poche droite, elles n’y sont pas, vous cherchez dans vos autres poches, dans votre sac à main ou votre sac à dos, vous recherchez dans votre poche droite, elles y sont. Une fois rentré, vous dînez seul, devant la table basse toujours bancale, malgré les pliages successifs de papier glissés sous le pied. Une fois au lit, vous voulez lire, vous changez de position, on n’est jamais dans la bonne position quand on lit au lit. Vous éteignez. En rallumant aussitôt pour régler le réveil, vous faites tomber vos lunettes.
Bien sûr, le matin, vous marchez sur vos lunettes restées à terre. Vous êtes atterré. Mais content. Car en tâtonnant sous le lit, vous allez retrouver non seulement votre porte-monnaie à soufflet (celui qui laisse s’échapper les pièces), mais surtout, vos lunettes de soleil (celles que vous aviez eu en prime avec vos lunettes de vue), que diable, faisaient-elles là avec cette chaussette que vous cherchiez vainement dans la machine à laver. Vous ne vous tracassez plus. Vous êtes guilleret, d’autant plus qu’il fait plein soleil ce matin et que vos lunettes retrouvées s’imposent.
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