Automne-moi !
Nuits d’octobre où l’obscurité vient plus vite, avec parfois la rumeur mouillée de la pluie. Veilleuses dans les maisons, télés allumées. Vêtements plus enveloppants, plus éteints nous éloignent chaque jour des éblouissements du grand soleil. Pour moi, le souvenir des trajets au retour du lycée, à la nuit tombante, dans l’odeur des feuilles humides et jaunies qui jonchaient le trottoir. Une sorte d’intimité frémissante avec le grand mystère des choses, les bruits étouffés de la ville, l’obscurité d’un monde qui oubliait l’été.
L’automne fait semblant d’être une saison. En fait, c’est un état d’esprit. La lumière est particulière ? C’est que le soleil joue les timides. La température oblige à un peu de tenue. L’automne rhabille son homme. Et l’oblige à abandonner ses bermudas flottants, ses horribles sandales de randonneur. A peine six heures, et voilà que Lille se pare de noir. Les feux clignotent aux carrefours comme des balises sur des falaises. Malgré la crise et la récession annoncée, il y aura encore en cet automne quelque chose de doux, de sensible. Des envies de thé, de chocolat chaud, et bientôt de soupes à l’oignon et de choucroutes fumantes pour l’arrivée de l’hiver.
Justement : le prochain week-end est le passage à l’heure d’hiver. Et l’on retarde sa montre. Petite aiguille vers la gauche : c’est clair ? Contrairement à l’heure d’été (petite aiguille vers la droite), nous n’allons pas perdre une heure mais en gagner une. Tant mieux, car j’en connais qui aimeraient bien savoir où est passée cette fameuse heure d’été. Je pense à ces pauvres bébés nés pendant ces 60 minutes escamotées, évaporées, au même titre que les natifs du 29 février.
Bref, ce 26 octobre, à 3 heures du matin, il sera 2 heures. Automnant, non ?
Il va néanmoins en résulter nombre de réglages délicats qui vont mettre à mal l’expression « dans le sens des aiguilles d’une montre. » Sans compter que si dans l’espace d’une seconde les aiguilles virent à gauche, on va encore dire que c’est politique ! Mais ces considérations ne sont rien à côté des problèmes technologiques. Il est en effet bien loin le temps des remontoirs. Place aux affichages à cristaux liquides et aux touches multifonctions. Et là rien ne va plus, car ce changement d’heure arrive juste au moment où, plongé dans une notice à priori traduite du chinois, vous vous apercevez que c’est effectivement du… chinois ! « 1) Appuyé sur le memoir system. 2) Pressé muet bouton. 3) Continué pressé pour petit second ». Etc… Et vous commencez à comprendre pourquoi il y a quelque temps, vous avez raté l’heure d’été. Mais la technique moderne a tout de même du bon. Vous vous voyez en train de mettre à l’heure d’hiver un sablier ou un cadran solaire ?
L’automne fait semblant d’être une saison. En fait, c’est un état d’esprit. La lumière est particulière ? C’est que le soleil joue les timides. La température oblige à un peu de tenue. L’automne rhabille son homme. Et l’oblige à abandonner ses bermudas flottants, ses horribles sandales de randonneur. A peine six heures, et voilà que Lille se pare de noir. Les feux clignotent aux carrefours comme des balises sur des falaises. Malgré la crise et la récession annoncée, il y aura encore en cet automne quelque chose de doux, de sensible. Des envies de thé, de chocolat chaud, et bientôt de soupes à l’oignon et de choucroutes fumantes pour l’arrivée de l’hiver.
Justement : le prochain week-end est le passage à l’heure d’hiver. Et l’on retarde sa montre. Petite aiguille vers la gauche : c’est clair ? Contrairement à l’heure d’été (petite aiguille vers la droite), nous n’allons pas perdre une heure mais en gagner une. Tant mieux, car j’en connais qui aimeraient bien savoir où est passée cette fameuse heure d’été. Je pense à ces pauvres bébés nés pendant ces 60 minutes escamotées, évaporées, au même titre que les natifs du 29 février.
Bref, ce 26 octobre, à 3 heures du matin, il sera 2 heures. Automnant, non ?
Il va néanmoins en résulter nombre de réglages délicats qui vont mettre à mal l’expression « dans le sens des aiguilles d’une montre. » Sans compter que si dans l’espace d’une seconde les aiguilles virent à gauche, on va encore dire que c’est politique ! Mais ces considérations ne sont rien à côté des problèmes technologiques. Il est en effet bien loin le temps des remontoirs. Place aux affichages à cristaux liquides et aux touches multifonctions. Et là rien ne va plus, car ce changement d’heure arrive juste au moment où, plongé dans une notice à priori traduite du chinois, vous vous apercevez que c’est effectivement du… chinois ! « 1) Appuyé sur le memoir system. 2) Pressé muet bouton. 3) Continué pressé pour petit second ». Etc… Et vous commencez à comprendre pourquoi il y a quelque temps, vous avez raté l’heure d’été. Mais la technique moderne a tout de même du bon. Vous vous voyez en train de mettre à l’heure d’hiver un sablier ou un cadran solaire ?
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