La belle aventure du Furet
La belle aventure du Furet commence en 1936, rue de la Vieille-Comédie où Georges Poulard ouvre une minuscule librairie (50 m2), avec un gros poële à charbon au milieu de la pièce. En 1950, Paul Callens, 27 ans, fils d’un boucher de la rue de Lille à Tourcoing, rachète le magasin où il travaille depuis deux ans, grâce aux économies d’une amie de la famille, Florence, une vieille marchande de lait de Mouvaux.
Très vite, le Furet (à l’enseigne d’un ancien fourreur) décolle. Paul Callens saisit l’intérêt de la télé naissante pour son commerce. Le vendredi soir, Dumayet et Desgraupes parlent d’un livre dans leur émission « Lectures pour tous » ? Le samedi après-midi, le client du Furet peut le trouver à Lille ! Une vieille Peugeot 203 familiale part de Lille à 3 h du matin vers la capitale et ses éditeurs. Et ramène dare-dare pour midi les livres dont on parle.
Cette rapidité de livraison établit la notoriété du Furet. Le magasin devient vite trop petit. En 1959, Paul Callens saisit l’opportunité de la fermeture des galeries Barbès pour s’installer Grand-Place. Multipliant sa surface par six, il en profite aussi pour faire sa « révolution » : mettre le livre à la disposition du lecteur. En l’exposant sur une table. Mais surtout en l’installant dans des rayonnages à hauteur d’homme. A l’époque, il fallait une échelle pour voir ce qui était présenté en haut des étagères !
Audace conquérante
Le libraire lillois est aussi le premier à croire au livre de poche (« de gare » pour certains de ces confrères). Dès 1964, il fait creuser le sol du magasin pour installer une « pochothèque » de 3500 titres. Le jour de son ouverture, quelque 800 livres de poche sont vendus ! Le Furet est en train de devenir la première librairie d’Europe par le chiffre d’affaires. Paul Callens doit étendre son magasin. Qui grignote ses voisins.
D’abord « La Cave » en 1968, puis le cinéma « Bellevue » en 1976. D’importants travaux restituent la façade dans son style originel du 18 ème siècle, d’après une gravure de François Watteau représentant la Grand-Place en 1789. L’audace conquérante du Furet impressionne jusqu’aux créateurs de la FNAC qui s’inspirent de ses méthodes pour lancer leur librairie parisienne. Et qui, au début des années 80, ouvrent leur magasin de disques et de photos, à côté et en liaison avec le Furet.
Dernière étape de l’expansion : en 1992, la librairie rachète l’hôtel de Strasbourg et ses 44 chambres dont le mobilier est donné à Emmaüs. Pendant les travaux, une immense bâche annonce « la construction d’un troisième monument entre la Tour Eiffel et l’Atonium : la plus grande librairie du monde »
Tout est cassé, déshabillé, désossé. On va chercher le sol ferme à 40 m de profondeur selon une technique de forage digne des compagnies pétrolières. On ouvre une mezzanine au premier étage. Surtout, on crée un immense puits central qui permet, grâce à deux escalators, d’accéder à chacun des 6 plateaux de 60 m de long, distance entre la façade historique de la Grand Place et celle résolument moderne de la rue Jean Roisin.
Plus de 10.000 personnes fréquentent chaque jour les 5000 m2 de cette « cathédrale » du saint livre. Mais une « cathédrale » avec des colonnes derrière lesquelles se cacher, des chapelles où se retirer : bien agencée en multiples espaces cosy, la plus grande librairie du monde est aussi la plus intime. Une librairie, comme un labyrinthe de doux jardins secrets.
Très vite, le Furet (à l’enseigne d’un ancien fourreur) décolle. Paul Callens saisit l’intérêt de la télé naissante pour son commerce. Le vendredi soir, Dumayet et Desgraupes parlent d’un livre dans leur émission « Lectures pour tous » ? Le samedi après-midi, le client du Furet peut le trouver à Lille ! Une vieille Peugeot 203 familiale part de Lille à 3 h du matin vers la capitale et ses éditeurs. Et ramène dare-dare pour midi les livres dont on parle.
Cette rapidité de livraison établit la notoriété du Furet. Le magasin devient vite trop petit. En 1959, Paul Callens saisit l’opportunité de la fermeture des galeries Barbès pour s’installer Grand-Place. Multipliant sa surface par six, il en profite aussi pour faire sa « révolution » : mettre le livre à la disposition du lecteur. En l’exposant sur une table. Mais surtout en l’installant dans des rayonnages à hauteur d’homme. A l’époque, il fallait une échelle pour voir ce qui était présenté en haut des étagères !
Audace conquérante
Le libraire lillois est aussi le premier à croire au livre de poche (« de gare » pour certains de ces confrères). Dès 1964, il fait creuser le sol du magasin pour installer une « pochothèque » de 3500 titres. Le jour de son ouverture, quelque 800 livres de poche sont vendus ! Le Furet est en train de devenir la première librairie d’Europe par le chiffre d’affaires. Paul Callens doit étendre son magasin. Qui grignote ses voisins.
D’abord « La Cave » en 1968, puis le cinéma « Bellevue » en 1976. D’importants travaux restituent la façade dans son style originel du 18 ème siècle, d’après une gravure de François Watteau représentant la Grand-Place en 1789. L’audace conquérante du Furet impressionne jusqu’aux créateurs de la FNAC qui s’inspirent de ses méthodes pour lancer leur librairie parisienne. Et qui, au début des années 80, ouvrent leur magasin de disques et de photos, à côté et en liaison avec le Furet.
Dernière étape de l’expansion : en 1992, la librairie rachète l’hôtel de Strasbourg et ses 44 chambres dont le mobilier est donné à Emmaüs. Pendant les travaux, une immense bâche annonce « la construction d’un troisième monument entre la Tour Eiffel et l’Atonium : la plus grande librairie du monde »
Tout est cassé, déshabillé, désossé. On va chercher le sol ferme à 40 m de profondeur selon une technique de forage digne des compagnies pétrolières. On ouvre une mezzanine au premier étage. Surtout, on crée un immense puits central qui permet, grâce à deux escalators, d’accéder à chacun des 6 plateaux de 60 m de long, distance entre la façade historique de la Grand Place et celle résolument moderne de la rue Jean Roisin.
Plus de 10.000 personnes fréquentent chaque jour les 5000 m2 de cette « cathédrale » du saint livre. Mais une « cathédrale » avec des colonnes derrière lesquelles se cacher, des chapelles où se retirer : bien agencée en multiples espaces cosy, la plus grande librairie du monde est aussi la plus intime. Une librairie, comme un labyrinthe de doux jardins secrets.
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