Repeindre le ciel, mille pétards !

Publié le par Guy Le Flécher

Ephémère. C’est la particularité du feu d’artifice. Et sans doute tient-il une grande part de sa beauté de son caractère fugitif. A peine le temps de déchiffrer dans la nuit du ciel cette écriture du feu qu’elle s’est déjà effondrée sur elle-même, diluée. Son nom dit sa nature. L’artifice, c’est la feinte, quelque chose de fragile parce que trompeur, comme un maquillage. Un rien, et il disparaît. Et de même que la sueur, la pluie, les larmes le détruisent sur un visage, le feu d’artifice ne résiste pas aux intempéries. Selon le vieux principe qui veut que le feu et l’eau soient d’irréductibles ennemis, il n’existera pas. Pour se développer, croître et faire le beau, il lui faut le vide, le calme. Le noir absolu. Pas un souffle de vent.
Toujours, le feu d’artifice est prétexte à de joyeux rassemblements. Le public aime ces grands bains de foule, où le feu les berne, puisqu’il n’est rien qu’un instant de combustion qui ne laisse après lui que quelques débris au sol et, dans les yeux, des paillettes d’ivresse. Ecriture des allégresses, écriture des illusions.
Une calligraphie céleste sur fond d’étoiles, dans la froidure des soirs d’hiver comme dans la douceur des nuits d’été.
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