Enfilez les bretelles !

Publié le par Guy Le Flécher

La guitare électrique l’avait mis au placard. Il a pris sa revanche. L’accordéon s’est offert une résurrection en force, avec son festival de Wazemmes (jusqu’au 24 mai, notamment à la Maison Folie). On le croyait ringard, on le découvre furieusement tendance. Hier, « le piano à bretelles » comme on appelle aussi l’accordéon, symbolisait tout ce que le goût moderne voulait fuir : le bal à papa et le rythme à trois temps, moins urgents que les balades rock et les refrains anglo-saxons. Aujourd’hui, c’est reviens, Poupoule ! L’accordéon est à la mode, il inspire rockers, jazzmen et compositeurs d’avant-garde. 
Ah ! l’accordéon… Il peut évoquer un vieux soufflet abîmé que l’on agite pour ranimer la flamme d’un feu endormi. Le claquement des doigts sur les boutons, discret mais décidé, pendant que le poignet prisonnier d’une bretelle large et solide, impulse le mouvement. Instrument à la sonorité magique, capable d’évoquer en un clin d’œil la joie comme la tristesse.
Il faut d’abord observer l’accordéoniste qui s’assoit, cale sa boîte à musique sur les genoux, tend l’oreille, bat la semelle : tout un cérémonial lié à l’instrument qui oblige au silence, au silence suspendu comme il en existe sur les portées musicales, qui indique que les notes qui vont suivre, la mélodie qui va se dessiner là, sous nos yeux, est de prime importance. Le musicien penche légèrement la tête, ses doigts affleurent les touches. Il peut tirer sur l’instrument, lui donner vie. Ainsi soient fêtes…

. Le détail de la programmation sur www.wazemmeslaccordeon.com





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