Pom-pom-pidou, wouah !

Publié le par Guy Le Flécher

Le Parisien-Aujourd’hui en France publie le 24 avril un sondage sur la cote d’amour des présidents français. Trio de tête dans l’ordre : De Gaulle, Mitterrand, Pompidou. Ah ! Pompidou ! Souvenons-nous : c’était du temps où l’on mettait les tigres dans les moteurs, des tigres attrapés par la queue à des slogans publicitaires, un bout de cette queue en peluche pendait parfois au rétroviseur.

Pompidou, champion d’une politique économique triomphale où taux de croissance rimait avec absence de chômage ? Mais cette prospérité se payait de salaires de misère et d’OS immigrés traités comme du bétail. Ce n’était que le rattrapage d’un « miracle économique » général en Europe, mais différé en France pour cause de guerres coloniales. Pompidou, brillant normalien parvenu à la tête de l’état ? On pouvait admirer d’autres intellectuels, en révolte eux : Debord, Sartre, Deleuze, Foucault, Clavel…

Pompidou, l’homme de goût amateur d’art moderne ? Son anthologie de la poésie française est des plus convenues. C’est à Vasarely surtout qu’allaient ses préférences. Est-il le vrai père du Centre qui porte son nom ou eut-il le mérite de se plier au jugement – qu’il n’approuvait pas – d’un jury international, lui qui détruisit les Halles de Baltard, qui promut les invivables « grands ensembles » et déchira nos villes par des « autoroutes urbaines ».
Pompidou qui fit preuve de sang-froid en Mai 68 et de courage face la mort ? Mais que pèsent ces éclats de grandeur morale au regard de l’agacement, voire de l’aversion que lui inspirait la Résistance, faite de « faux héroïsmes », génératrice de querelles dont il conviendrait de débarrasser les Français une fois pour toutes. Alors, grâcions Touvier, nommons Papon ministre.

1969-1974 : le premier, Pompidou eut l’élégance de s’imposer le quinquennat. Coincées entre mai 68 et mai 81, les seventies sont floues, mal identifiées. Entre De Gaulle et Mitterrand, Pompidou n’a pas laissé un souvenir impérissable… Pompidou… Rien que les sonorités de son nom augurent une époque bonhomme, un brin ennuyeuse.

Et pourtant, les années Pompidou, c’est une croissance de 7% par an, le Concorde, des milliers de km d’autoroutes en construction, le téléphone dans chaque maison, la télé en couleurs, la nouvelle société, les grèves incessantes, le choc pétrolier… Il faisait bon vivre, dit-on. Un temps où le Président de la République citait Eluard pour répondre aux journalistes, une époque où les Français voyaient s’élever leur niveau de vie.

Pom-pom-pi-dou, wouah !




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