Par ici, la bonne sousoupe !

Publié le par Guy Le Flécher

Ce qui est bien en ce moment, c’est que les jours rallongent et qu’on se rapproche du 1er mai, quand Wazemmes met la table pour « La Louche d’or », ce festival des soupes qui déborde largement du quartier pour se développer ailleurs, en France mais aussi à l’étranger. C’est un bien joli mot, la soupe. Le plat qui tient chaud, le plat qui fait grandir, le plat le plus populaire et le plus universel. A vos bols, les amis !

Goûtez cette soupe aux légumes que le velouté étouffe de ses caresses. Ce fenouil qui joue les chefs de troupe, cette horde tomateuse qui emballe la langue. Une soupe de poissons, et c’est toute la mer que l’on boit ! Sans oublier le gaspacho, l’esperanto de la soupe avec tomates, piments, concombres, ail, touillés à l’huile d’olive : les proportions restent à débattre mais le listing tient la route. Toutes ces soupes excitantes renversent en plaisir l’ancienne terreur du « mange ta soupe d’abord ! » A déguster donc à pleines assiettes, et surtout pas dans ces bols micro-ondables bon marché, qui trompent la faim en faisant mine de la satisfaire !

Nous exigeons de la soupe ! Et pas n’importe quelle soupe. Pas le rata de régiment qu’on mangeait au clairon, pas la soupe du réfectoire qu’on recrachait en douce. Pas la soupe à l’oignon, la soupe dévergondée des noceurs en fin de java, saupoudrée de confettis. Non, la vieille soupe à l’ancienne qui calme tous les soupe-au-lait. Oui, le potage est un neuroleptique bio ! Nostalgie de la soupière fumante, de la louche qui remplissait équitablement les assiettes. Aller à la soupe ne veut plus dire manger à tous les râteliers, mais retourner à la chaleur et à la simplicité de l’enfance.
« Mange ta soupe si tu veux devenir grand ! », disait-on autrefois aux enfants. Aujourd’hui, on la mange pour redevenir un enfant.


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