En avril, découvre-toi un film

Publié le par Guy Le Flécher


Le cinéma est né à Lille un 17 avril. C’était en 1896. Dans l’édition du 18 avril 1896 du quotidien Le Grand Echo, on peut lire le compte-rendu de la première séance de « photographie animée » organisée la veille au 17 de la rue Esquermoise : « C’est en somme la vieille lanterne magique, mais revue, corrigée et considérablement agrémentée par les progrès de la science (…) Le spectacle est original et des plus curieux, nul doute qu’il obtienne, ici, comme partout ailleurs, beaucoup de succès. » Six mois après Paris, Lille découvrait donc ce qui allait devenir le « 7ème art ». La salle de cinéma n’existait pas encore. C’’était dans les cafés, les « caf’conc’ » ou les théâtres forains que se produisait la surprise, « l’ahurissement » dira un journaliste, des premiers spectateurs tous étonnés de constater que sur l’écran, « les feuilles bougent ».

Dans les années 20, de nombreux films sont tournés dans la région, comme « La traversée de la Deûle à la
nage » (1922-23) ou « Un concours de ballons à Bondues ». La société « Nord-Film » produit de nombreux longs métrages, notamment : « Fumée » et « Virages » en 1930, « La chanson du lin » ou « Sur la voie du bonheur » (1931). Sans oublier les films de Simons, auteur, acteur et réalisateur du « Divorce de Zulma » (1933), de « Zulma en justice » (1934) ou du « Mystère du 421 » (1937). A la même époque, « Lille-Actualités » produit des actualités régionales.
En 1939, les 27 salles lilloises comptabilisent 18.700 fauteuils. « Familia », « Caméo », « Rexy », « Cinéchic »,
« Capitole », « Omnia »,  etc : la physionnomie des salles livre une bonne partie de l’histoire du cinéma. Immenses paquebots en début de siècle, avec une fosse pour les orchestres qui accompagnaient toutes les projections de films muets, les cinémas ont, en chaîne, littéralement fondu, avec l’arrivée de la télévision, multipliant  les écrans dans des espaces autrefois prévus pour une seule salle. Fini le temps de la pellicule qui se casse, les cris et les sifflets des spectateurs et l’ouvreuse se précipitant dans la cabine du projectionniste.

Rue de Béthune, longtemps surnommée «  la rue des cinémas », le « Caméo » devient le « Pathé »; le « Rexy »,
« l’Ariel » et le « Familia », le « Gaumont ». C’est aussi l’époque de la fermeture de nombreuses salles dans les quartiers. Deux cinémas se faisaient ainsi concurrence, presque face-à-face, à l’intersection des rues Racine et d’Iéna, à Wazemmes, qui comptait aussi « l’Arc-en-Ciel », rue du Marché. En centre ville, disparaissent le
« Capitole » devenu magasin Tati, le « Bellevue » est maintenant Furet du Nord et le « Ritz », une galerie marchande. Et ne parlons pas des ciné-clubs estudiantins ou associatifs ou des distributeurs indépendants, c’est du passé ! Restent à Lille, deux festivals  de courts-métrages et les secteurs de la production et de de la coproduction, particulièrement actifs, notamment avec le Centre régional des ressources audiovisuelles qui a obtenu de beaux succès, tant auprès de la critique que du public, et même des récompenses à Cannes et ailleurs, pour « La Vie de Jésus », « La Vie rêvée des anges », « L’Humanité », « Flandre » de Bruno Dumont, « Quand la mer monte » de Gilles Porte et Yolande Moreau ou encore « Le scaphandre et le papillon ». Et ne parlons pas du titanesque succès de « Bienvenue chez les Chtis » qui bat tous les records d’audience !
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