Jean Roulland à l'instinct

Publié le par Guy Le Flécher



Petit, nerveux, le cheveu mi-long, Jean Roulland est né en 1931 à Croix, dans une famille de la bonne bourgeoisie. Dès sa sortie de l’école des Beaux-Arts de Roubaix en 1952, il se lance dans la sculpture. Avec, à son actif, peut-être un bon demi-millier d’œuvres. Dont la statue du cardinal Liénart, en l’îlot Comtesse…

Des corps torturés, des visages tourmentés, des bouches suppliantes, des yeux à la recherche d’un secours, des christs sacrilèges, des chiens, des chevaux, mi-monstres, mi-bêtes… Des sculptures dispersées à travers le monde. Dans les musées, dans les galeries, chez des particuliers. Il en a simplement conservé quelques photos.

Derrière l’œuvre, derrière l’artiste, on devine Jean Roulland : déchiré, étripé. Meurtri aussi. Cet homme du feu, à l’image du four incandescent où il coule ses bronzes, a brûlé la vie à 850 degrés Celsius. Parallèlement au travail du sculpteur, Jean Roulland travaille le dessin alliant différentes techniques comme celles du pastel, du fusain, des encres…

« Ce que je veux, c’est créer et vivre passionnément », dit-il. Vivre avec passion. S’il ne sait en définir le sens, du moins sait-il en montrer l’intensité.
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