Combattants de la nuit
21 h 30 : Dans sa chambre, Philippe général de l’armée des raves, choisit une tenue de combat. Ce soir, il sort. La nuit sera longue. L’ennemi guette. Son nom ? La fatigue. En bon officier d’intendance, il évalue aussi les frais de bouche. Disons : cent euros. Mobilisation générale. Les copains sonnent à la porte.
22 h 10 : Derniers préparatifs. On trinque devant la carte d’état-major. Tout est en place, c’est tranché. Sur un plan de la ville déplié sur la table du salon, de petits drapeaux signalent les positions clés. On va là, puis ici, ok ? Quelques notions de topographie sont nécessaires. Les voies de communication sont dûment stabilotées à l’intention des colonnes motorisées, mais aussi des fantassins.
22 h 35 : La stratégie élaborée reste cependant secrète. La nuit peut toujours venir. Le combattant est prêt, feuille de route à la main. D’abord un verre, dans un pub. Au mess des noctambules, chacun exhibe ses galons. Beaucoup de monde. La commande est passée, mais le barman à plateau n’arrive toujours pas. Le convoi de munitions est pris dans un embouteillage de teufeurs.
23 h 10 : Débarquement de nuit. Invasion de rois et de reines dans toute leur beauté. Le défilé fait l’admiration de chacun. Explosion de joie et feux d’artifice. Inspection des troupes et revue de casernement. Il faut dresser un état complet des effectifs et s’assurer de leur disponibilité à l’heure H. Les coupes (de champagne) brillent. Alexandrie, Alexandra en guise de Marseillaise. Les papys font de la résistance.
23 h 25 : Première rencontre entre forces alliées. Certaines alliances sont bien fragiles : attention aux mutineries ! Autour du bar, on s’observe, on se jauge, on s’évalue. Ce n’est pas gagné, on dresse les grandes lignes de l’offensive. Les partisans d’une bataille de position, avec tables et troupes assises s’opposent à ceux qui privilégient la guerre de mouvement et pour qui les aller-retour du bar à la piste de danse semblent plus appropriés.
00 h 45 : Au quartier général, Philippe retrouve Annie. La lutte à mort contre la fatigue va s’engager. Coûte que coûte, on danse impitoyablement. Avec un courage exemplaire. La tension est à son comble. Il va maintenant être question de conquête.
01 h 20 : Méthode d’approche. On s’embrasse ? On s’embrasse ! Les soldats fraternisent. Le plaisir fait rage. Embrasser mobilise 34 muscles faciaux et fait brûler 150 calories, à condition de s’y adonner au moins dix minutes. Dans le feu de l’action, les yeux se ferment automatiquement. L’émoi dilate les pupilles et obscurcit le cerveau.
02 h 35 : Malgré un violent coup de barre asséné par l’adversaire Sommeil, Annie riposte en dansant sur des rythmes disco qui rappellent la guerre de 70 aux vétérans de la der des der. Tentative de cessez-le-feu. Philippe pénétre sous la tente des négociations. Il ressort en pleine forme. Poursuite des affrontements. Pas de désertion, ni de défection.
04 h 35 : La fatigue gagne du terrain. On compte de nombreuses victimes. Cellule de crise en compagnie des lieutenants, Luc et Patrice. Il faut tenir et gagner la bataille du sommeil.
05 h 20 : Les nouvelles du front sont bonnes. Philippe a confiance. Il est prêt pour un ultime combat. Dès lors, seule la volonté des troupes permettra de vaincre fiérement. L’ennemi est repoussé jusqu’aux frontières de l’aube. Bientôt sonnera l’heure du repos du guerrier.
22 h 10 : Derniers préparatifs. On trinque devant la carte d’état-major. Tout est en place, c’est tranché. Sur un plan de la ville déplié sur la table du salon, de petits drapeaux signalent les positions clés. On va là, puis ici, ok ? Quelques notions de topographie sont nécessaires. Les voies de communication sont dûment stabilotées à l’intention des colonnes motorisées, mais aussi des fantassins.
22 h 35 : La stratégie élaborée reste cependant secrète. La nuit peut toujours venir. Le combattant est prêt, feuille de route à la main. D’abord un verre, dans un pub. Au mess des noctambules, chacun exhibe ses galons. Beaucoup de monde. La commande est passée, mais le barman à plateau n’arrive toujours pas. Le convoi de munitions est pris dans un embouteillage de teufeurs.
23 h 10 : Débarquement de nuit. Invasion de rois et de reines dans toute leur beauté. Le défilé fait l’admiration de chacun. Explosion de joie et feux d’artifice. Inspection des troupes et revue de casernement. Il faut dresser un état complet des effectifs et s’assurer de leur disponibilité à l’heure H. Les coupes (de champagne) brillent. Alexandrie, Alexandra en guise de Marseillaise. Les papys font de la résistance.
23 h 25 : Première rencontre entre forces alliées. Certaines alliances sont bien fragiles : attention aux mutineries ! Autour du bar, on s’observe, on se jauge, on s’évalue. Ce n’est pas gagné, on dresse les grandes lignes de l’offensive. Les partisans d’une bataille de position, avec tables et troupes assises s’opposent à ceux qui privilégient la guerre de mouvement et pour qui les aller-retour du bar à la piste de danse semblent plus appropriés.
00 h 45 : Au quartier général, Philippe retrouve Annie. La lutte à mort contre la fatigue va s’engager. Coûte que coûte, on danse impitoyablement. Avec un courage exemplaire. La tension est à son comble. Il va maintenant être question de conquête.
01 h 20 : Méthode d’approche. On s’embrasse ? On s’embrasse ! Les soldats fraternisent. Le plaisir fait rage. Embrasser mobilise 34 muscles faciaux et fait brûler 150 calories, à condition de s’y adonner au moins dix minutes. Dans le feu de l’action, les yeux se ferment automatiquement. L’émoi dilate les pupilles et obscurcit le cerveau.
02 h 35 : Malgré un violent coup de barre asséné par l’adversaire Sommeil, Annie riposte en dansant sur des rythmes disco qui rappellent la guerre de 70 aux vétérans de la der des der. Tentative de cessez-le-feu. Philippe pénétre sous la tente des négociations. Il ressort en pleine forme. Poursuite des affrontements. Pas de désertion, ni de défection.
04 h 35 : La fatigue gagne du terrain. On compte de nombreuses victimes. Cellule de crise en compagnie des lieutenants, Luc et Patrice. Il faut tenir et gagner la bataille du sommeil.
05 h 20 : Les nouvelles du front sont bonnes. Philippe a confiance. Il est prêt pour un ultime combat. Dès lors, seule la volonté des troupes permettra de vaincre fiérement. L’ennemi est repoussé jusqu’aux frontières de l’aube. Bientôt sonnera l’heure du repos du guerrier.
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