Un dimanche au restau
Regardez autour de vous. Ce restau ruisselle de vie. Les couples en expression libre. Les muets en face-à-face. Un piège douloureux bordé de Chantilly qui se referme. On a quitté le monde pour entrer dans un univers fait d’humeurs, de sensations. On s’épargne le réel, on le nappe d’une délectation morose. On en vient à guetter les signes humains, la touche, la tache, la trace du doigt, le mot qui saura traverser l’épais millefeuille des non-dits, des aigreurs. Il faut cette piqûre de rappel pour réaliser que le couple court souvent vers son enfermement. Solitudes menottées, exaspérations enfouies, câbles de frein rongés. C’est une véritable symphonie dépressive qui se dégage des restaurants.
Vous devez sursauter en lisant cela, non ? Sursautez, je vous en prie. Mais réservez un dimanche midi dans un restaurant et vérifiez par vous-même.
Vous devez sursauter en lisant cela, non ? Sursautez, je vous en prie. Mais réservez un dimanche midi dans un restaurant et vérifiez par vous-même.
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