La promenade Faidherbe
A l’épicentre des fêtes en 2004, en 2006, en 2008 : la rue Faidherbe, devenue promenade entre gare et citadelle. Même les Lillois aux pas pressés se surprennent à y flâner. La rue où la pluie ruisselle et que le soleil baigne avec sensualité. Quand en 1865, on sortait de la gare de Lille, on se retrouvait face à un labyrinthe de petites rues et d’immeubles. Difficile de gagner rapidement la Grand-place, et notamment pour les hommes d’affaires de se rendre à la Chambre de commerce nouvellement construite. On décida alors de percer une « rue de la gare » en éventrant le parcellaire ancien et en passant à travers un ensemble de 141 maisons. Disparaissent aussi la halle échevinale du 16ème siècle, le temple trotestant ainsi que le marché aux poissons et sa célèbre rotonde. Une intervention « à la Haussmann », comme Paris en a bien connu à l’époque.
D’ailleurs, la rue Faidherbe (elle ne prendra ce nom qu’en 1880) devait ressembler à la rue de Rivoli à Paris. Mais les arcades en rez-de-chaussée n’ont jamais vu le jour. Par contre, les immeubles, tous à la même hauteur avec leurs rotondes d’angle, ont été construits sur le modèle parisien, Les décorations de fruits et les caryatides apportent une petite touche flamande.
Légérement désaxée par rapport à la gare Lille Flandres, cette rue essentielle du centre ville ne s’offre-t-elle pas comme une invitation à poursuivre sa route, au delà de la Vieille-Bourse, au-delà même de la Grand-Place, vers peut-être le quai du Wault, la Deûle, le Bois de Boulogne et la Citadelle ? N’est-elle pas « promenade urbaine », « rambla » comme à Barcelone ?
Il faut bien l’admettre : il y a quelques années encore, on ne prenait pas plaisir à s’y promener, on osait à peine aller d’un trottoir à l’autre, la traverser était dangereux et difficile. Utilisée comme une voie de transit, de traversée de l’hyper-centre, cette artère principale de Lille était saturée par la circulation, défigurée en certains endroits par des façades noircies par le temps ou la pollution et des immeubles en partie inoccupés àux étages.
La rue Faidherbe dévalorisée n’était plus attractive, elle manquait de vie, de convivialité. Elle n’était pas à la hauteur de son patrimoine architectural. Encore moins de son positionnement entre gare, Vieille-Bourse, opéra et Grand Place.
C’est parce qu’elle le méritait bien que la rue Faidherbe s’est offert en 2003 une grande toilette. La « promenade Faidherbe » privilégie donc le piéton sans exlure la voiture. La circulation automobile est ramenée à deux fois une voie (6,40 m de large). On ne peut plus stationner. Les trottoirs sont élargis à 9,10 m. L’éclairage a été bien étudié, le choix des sources et des puissances lumineuses crée une véritable ambiance : 3 mâts de 18 m de haut renforcent les lumières placées en façade. Des pavés de porphyre rouges, des dalles de pierre bleue et de granit comme sur la place du théâtre marquent bien les différents espaces voitures-cyclistes-piétons. Une fois fermée à la circulation, la rue peut se transformer en place sans obstacle. Tour à tour rue ou place, la promenade Faidherbe a été au coeur d’événements et d’animations exceptionnelles au cours de 2004. Jean-Claude Mézières, le célèbre créateur de la bande dessinée de science-fiction « Valérian », y a ouvert un « Chemin des étoiles » : la piste d’envol d’un astroport vers les étoiles, sept arches de huit mètres de haut, au centre desquelles passaient piétons et voitures. Quai d’embarquement, gyrophares, écrans, antennes ont fait de cette rêverie mécanique et colorée un spectacle permanent et apprécié.
De « Chemin des Etoiles », la rue Faidherbe est devenue rue de Shanghaï, avec son Pavillon de thé, puis forêt de bambous. En octobre 2006, la voilà indienne ! Quand ses artères s’enfièvrent, Lille toute entière vibre, s’ébroue, chauffe jusqu’à ébullition. Une pointe de démesure, de folie baroque et le goût du tourbillon jusque dans l’excès.
D’ailleurs, la rue Faidherbe (elle ne prendra ce nom qu’en 1880) devait ressembler à la rue de Rivoli à Paris. Mais les arcades en rez-de-chaussée n’ont jamais vu le jour. Par contre, les immeubles, tous à la même hauteur avec leurs rotondes d’angle, ont été construits sur le modèle parisien, Les décorations de fruits et les caryatides apportent une petite touche flamande.
Légérement désaxée par rapport à la gare Lille Flandres, cette rue essentielle du centre ville ne s’offre-t-elle pas comme une invitation à poursuivre sa route, au delà de la Vieille-Bourse, au-delà même de la Grand-Place, vers peut-être le quai du Wault, la Deûle, le Bois de Boulogne et la Citadelle ? N’est-elle pas « promenade urbaine », « rambla » comme à Barcelone ?
Il faut bien l’admettre : il y a quelques années encore, on ne prenait pas plaisir à s’y promener, on osait à peine aller d’un trottoir à l’autre, la traverser était dangereux et difficile. Utilisée comme une voie de transit, de traversée de l’hyper-centre, cette artère principale de Lille était saturée par la circulation, défigurée en certains endroits par des façades noircies par le temps ou la pollution et des immeubles en partie inoccupés àux étages.
La rue Faidherbe dévalorisée n’était plus attractive, elle manquait de vie, de convivialité. Elle n’était pas à la hauteur de son patrimoine architectural. Encore moins de son positionnement entre gare, Vieille-Bourse, opéra et Grand Place.
C’est parce qu’elle le méritait bien que la rue Faidherbe s’est offert en 2003 une grande toilette. La « promenade Faidherbe » privilégie donc le piéton sans exlure la voiture. La circulation automobile est ramenée à deux fois une voie (6,40 m de large). On ne peut plus stationner. Les trottoirs sont élargis à 9,10 m. L’éclairage a été bien étudié, le choix des sources et des puissances lumineuses crée une véritable ambiance : 3 mâts de 18 m de haut renforcent les lumières placées en façade. Des pavés de porphyre rouges, des dalles de pierre bleue et de granit comme sur la place du théâtre marquent bien les différents espaces voitures-cyclistes-piétons. Une fois fermée à la circulation, la rue peut se transformer en place sans obstacle. Tour à tour rue ou place, la promenade Faidherbe a été au coeur d’événements et d’animations exceptionnelles au cours de 2004. Jean-Claude Mézières, le célèbre créateur de la bande dessinée de science-fiction « Valérian », y a ouvert un « Chemin des étoiles » : la piste d’envol d’un astroport vers les étoiles, sept arches de huit mètres de haut, au centre desquelles passaient piétons et voitures. Quai d’embarquement, gyrophares, écrans, antennes ont fait de cette rêverie mécanique et colorée un spectacle permanent et apprécié.
De « Chemin des Etoiles », la rue Faidherbe est devenue rue de Shanghaï, avec son Pavillon de thé, puis forêt de bambous. En octobre 2006, la voilà indienne ! Quand ses artères s’enfièvrent, Lille toute entière vibre, s’ébroue, chauffe jusqu’à ébullition. Une pointe de démesure, de folie baroque et le goût du tourbillon jusque dans l’excès.
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