Le chapeau s'entête
Il y a à Lille, une boutique qui me fait rêver. Une boutique de chapeaux, de couvre-chef ! Ambiance feutrée.
On ne l’appelle pas le couvre-chef pour rien. De le porter haut sur la tête vous confère une espèce de dignité qui tient à sa forme. D’ailleurs, elle change selon les heures de la journée. Le feutre pour les sorties de l’après-midi, le melon pour les mondanités et même le haut-de-forme pour les soirées vraiment huppées. Côté monde, c’est pour la dignité. Côté société, c’est pour la fonction. Au chapeau, on reconnaît le rôle que joue le porteur. Au flic, le képi. Au pompier, le casque. Au facteur, la casquette. Tout y est codé. De la couleur au galon qui, naturellement, l’orne plus somptuairement à mesure qu’on grimpe dans les grades. Il y a en a qui passent leur vie à rêver sur le paquet d’or, par galon interposé, qu’ils obtiendront sur leur képi, pour services rendus à la société.
Les femmes mettent dans leurs chapeaux leurs fantasmes : au lieu de couvrir, il révèle. Ce qu’il y a dans la tête. Les folies de dentelle, de crépon, de fleur, de feutrine, de soie, d’organdi, de fourrures, qui confectionnent des palais de folie. Fragiles comme les porteuses. A leur image. Mais aussi au point de les effacer. Mettant tout dans leur chapeau, elles disparaissent dessous. Et derrière, quand il s’accompagne de la voilette qu’il était de bon ton, il y a quelques années de porter pour camoufler le visage. Un chapeau de femme, c’est comme un heaume. On disparaît derrière, on se cache.
Question : le chapeau est-il un ornement ou une arme ? A se demander pourquoi on le porte, pourquoi on s’en pare. Serions-nous sans chapeau, désarmés ? Alors, travailler du chapeau, c’est prendre garde ?
Pour coiffer au poteau la concurrence du chapeau, gagnant d’une course à perdre la laine, je n’en connais qu’un : c’est le béret, aussi chic que populaire, estampillé gaulois. Sexy en diable sur les boucles de Madonna, un peu moins chez Monica Lewinsky ou sobrement caritatif au sommet de l’abbé Pierre, signe d’ordre dans les armées du monde entier et de rébellion pour le Che ou les Black Panthers des années 60, le béret s’entête. Bien décidé à en découdre, il est toujours en usage, sans avoir changé de matière ni de forme, porté sur toute la planète mais symbole inamovible du Français moyen.
Difficile de trouver plus paradoxal que le béret. Il s’est imposé partout dans les milieux populaires et artistiques, dans les garde-robes féminines et dans celles des militaires. Inusable, chaud, léger, indéformable, facile à ranger dans la poche, transformable à l’occasion. mais excepté pour le troisième âge et quelques jeunes attachés à leur identité, son usage s’est perdu au fil des décennies, comme celui du chapeau en général.
On ne l’appelle pas le couvre-chef pour rien. De le porter haut sur la tête vous confère une espèce de dignité qui tient à sa forme. D’ailleurs, elle change selon les heures de la journée. Le feutre pour les sorties de l’après-midi, le melon pour les mondanités et même le haut-de-forme pour les soirées vraiment huppées. Côté monde, c’est pour la dignité. Côté société, c’est pour la fonction. Au chapeau, on reconnaît le rôle que joue le porteur. Au flic, le képi. Au pompier, le casque. Au facteur, la casquette. Tout y est codé. De la couleur au galon qui, naturellement, l’orne plus somptuairement à mesure qu’on grimpe dans les grades. Il y a en a qui passent leur vie à rêver sur le paquet d’or, par galon interposé, qu’ils obtiendront sur leur képi, pour services rendus à la société.
Les femmes mettent dans leurs chapeaux leurs fantasmes : au lieu de couvrir, il révèle. Ce qu’il y a dans la tête. Les folies de dentelle, de crépon, de fleur, de feutrine, de soie, d’organdi, de fourrures, qui confectionnent des palais de folie. Fragiles comme les porteuses. A leur image. Mais aussi au point de les effacer. Mettant tout dans leur chapeau, elles disparaissent dessous. Et derrière, quand il s’accompagne de la voilette qu’il était de bon ton, il y a quelques années de porter pour camoufler le visage. Un chapeau de femme, c’est comme un heaume. On disparaît derrière, on se cache.
Question : le chapeau est-il un ornement ou une arme ? A se demander pourquoi on le porte, pourquoi on s’en pare. Serions-nous sans chapeau, désarmés ? Alors, travailler du chapeau, c’est prendre garde ?
Pour coiffer au poteau la concurrence du chapeau, gagnant d’une course à perdre la laine, je n’en connais qu’un : c’est le béret, aussi chic que populaire, estampillé gaulois. Sexy en diable sur les boucles de Madonna, un peu moins chez Monica Lewinsky ou sobrement caritatif au sommet de l’abbé Pierre, signe d’ordre dans les armées du monde entier et de rébellion pour le Che ou les Black Panthers des années 60, le béret s’entête. Bien décidé à en découdre, il est toujours en usage, sans avoir changé de matière ni de forme, porté sur toute la planète mais symbole inamovible du Français moyen.
Difficile de trouver plus paradoxal que le béret. Il s’est imposé partout dans les milieux populaires et artistiques, dans les garde-robes féminines et dans celles des militaires. Inusable, chaud, léger, indéformable, facile à ranger dans la poche, transformable à l’occasion. mais excepté pour le troisième âge et quelques jeunes attachés à leur identité, son usage s’est perdu au fil des décennies, comme celui du chapeau en général.
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