Monsieur Hallyday
Il se redonne le 9 juin au stade Bollaert de Lens, comme pour sacrifier davantage à une légende solide comme le rock. Dans sa guitare, plus de 45 ans de la vie d’une idole. Et de la nôtre : on a tous en nous quelque chose de Johnny. Success-story retracée par un fan.
Il est né Jean-Philippe Smet, le 15 juin 1943, de Huguette, crémière rue Lepic, et de Léon, Belge, artiste, fugueur, aventurier, homme de cirque, qui s’évanouit, huit mois plus tard. En pleine guerre, la mère confie l’enfant à sa belle-sœur, ancienne actrice du muet. Le gosse grandit entre ses deux cousines, danseuse de music-hall et Lee Ketcham, un gars de l’Oklahoma, meneur de revue, de quinze ans son aîné. La petite troupe sillonne l’Europe, de chapiteaux en cabarets, de succès en déboires. Aujourd’hui, Johnny peut déclarer : « J’ai 65 ans, dont 64 de tournées ». En guise d’éducation, il hante les cinémas. Il a 15 ans. Et découvre le nouveau profil d’Hollywood, c’est-à-dire Marlon Brando, Monty Clift, James Dean. Des regards perdus, une violence exprimée, des tendresses cachées. Dans La Fureur de vivre, le petit Smet trouve une résonance, puise ses références. Pose l’équation « Je suis un rebelle ». Fidèle dès lors à la devise du héros : « Vivons vite, la mort vient bientôt ». Il casse ses guitares, plie ses Porsche, se coupe les veines, se muscle les biceps, cherche la castagne, cogne les flics, se noie dans le whisky, crie à la nuit, se consume et consomme les femmes. Autodestructeur ? Démonstration : en 1966, David H., fils de son père et de Sylvie V. a un mois. Tout va bien. Johnny papa enregistre Noir, c’est noir. Le lendemain, il se suicide, pour de vrai. C’est raté. Un mois après, il remplit l’Olympia. « Je suis seul ! », hurle-t-il. « Non ! », répond la foule en délire. Johnny, c’est une façon de brûler sa vie, des histoires de révolte et de solitude, des motos et des perfectos. Et un mec qui tombe des filles comme des quilles avant de clamer « l’amûr toujûrs »
Sur scène, Johnny mouille sa chemise, il s’expose, se défonce. Même dans les salles de province, avec une sono mourante, il faut qu’il colle son public au plafond. Parfois, Johnny se perd en route. Il arbore la moustache, des rouflaquettes, des jaquettes à fleurs, des cuirs déchirés. Il invente des spectacles baroques et excessifs, avec fumigènes et lasers. Il boit la tasse, se noie puis renaît. Loubard, routard, motard. Desperado, destroy. Il emprunte, copie, adapte, innove aussi. Il est un produit de synthèse. Dès que l’artiste sent un flottement, il retourne aux sources. Se donne au rythm and blues. Et se rassure : « Toute la musique que j’aime /Elle vient de là /Elle vient du blues… ».
Longtemps, les intellos l’ont méprisé, jusqu’au jour où « allant au peuple », ils découvrent que les prolos, eux, achètent du Hallyday et en redemandent. Et les prolos, sanctifiés selon Marx, n’ont jamais tort. Alors, on rend les armes sans trop l’avouer. On pardonne à Johnny les scories, les facilités au nom de « Que je t’aime », l’un des sommets du répertoire. Aujourd’hui, l’Hexagone s’est pacifié autour de la dernière « idole des jeunes ». Il fait partie de l’album de famille. Johnny est une institution. Reste Monsieur Hallyday, 750 titres, plus de 200 millions de disques vendus, bien planté sans ses santiags qui scande : « Lutte pour écrire ton histoire/Lutte pour garder ta mémoire/ Et pour garder en toi/Une rock’n’roll attitude ». Crédible.
Il est né Jean-Philippe Smet, le 15 juin 1943, de Huguette, crémière rue Lepic, et de Léon, Belge, artiste, fugueur, aventurier, homme de cirque, qui s’évanouit, huit mois plus tard. En pleine guerre, la mère confie l’enfant à sa belle-sœur, ancienne actrice du muet. Le gosse grandit entre ses deux cousines, danseuse de music-hall et Lee Ketcham, un gars de l’Oklahoma, meneur de revue, de quinze ans son aîné. La petite troupe sillonne l’Europe, de chapiteaux en cabarets, de succès en déboires. Aujourd’hui, Johnny peut déclarer : « J’ai 65 ans, dont 64 de tournées ». En guise d’éducation, il hante les cinémas. Il a 15 ans. Et découvre le nouveau profil d’Hollywood, c’est-à-dire Marlon Brando, Monty Clift, James Dean. Des regards perdus, une violence exprimée, des tendresses cachées. Dans La Fureur de vivre, le petit Smet trouve une résonance, puise ses références. Pose l’équation « Je suis un rebelle ». Fidèle dès lors à la devise du héros : « Vivons vite, la mort vient bientôt ». Il casse ses guitares, plie ses Porsche, se coupe les veines, se muscle les biceps, cherche la castagne, cogne les flics, se noie dans le whisky, crie à la nuit, se consume et consomme les femmes. Autodestructeur ? Démonstration : en 1966, David H., fils de son père et de Sylvie V. a un mois. Tout va bien. Johnny papa enregistre Noir, c’est noir. Le lendemain, il se suicide, pour de vrai. C’est raté. Un mois après, il remplit l’Olympia. « Je suis seul ! », hurle-t-il. « Non ! », répond la foule en délire. Johnny, c’est une façon de brûler sa vie, des histoires de révolte et de solitude, des motos et des perfectos. Et un mec qui tombe des filles comme des quilles avant de clamer « l’amûr toujûrs »
Sur scène, Johnny mouille sa chemise, il s’expose, se défonce. Même dans les salles de province, avec une sono mourante, il faut qu’il colle son public au plafond. Parfois, Johnny se perd en route. Il arbore la moustache, des rouflaquettes, des jaquettes à fleurs, des cuirs déchirés. Il invente des spectacles baroques et excessifs, avec fumigènes et lasers. Il boit la tasse, se noie puis renaît. Loubard, routard, motard. Desperado, destroy. Il emprunte, copie, adapte, innove aussi. Il est un produit de synthèse. Dès que l’artiste sent un flottement, il retourne aux sources. Se donne au rythm and blues. Et se rassure : « Toute la musique que j’aime /Elle vient de là /Elle vient du blues… ».
Longtemps, les intellos l’ont méprisé, jusqu’au jour où « allant au peuple », ils découvrent que les prolos, eux, achètent du Hallyday et en redemandent. Et les prolos, sanctifiés selon Marx, n’ont jamais tort. Alors, on rend les armes sans trop l’avouer. On pardonne à Johnny les scories, les facilités au nom de « Que je t’aime », l’un des sommets du répertoire. Aujourd’hui, l’Hexagone s’est pacifié autour de la dernière « idole des jeunes ». Il fait partie de l’album de famille. Johnny est une institution. Reste Monsieur Hallyday, 750 titres, plus de 200 millions de disques vendus, bien planté sans ses santiags qui scande : « Lutte pour écrire ton histoire/Lutte pour garder ta mémoire/ Et pour garder en toi/Une rock’n’roll attitude ». Crédible.
Publicité