Le 8 mars des femmes

Publié le par Guy Le Flécher


Donc la Journée des Femmes, le 8 mars. Disons-le : Mesdames, vous avez gagné. En indépendance, en pouvoir, en liberté. Les grands-mères qui ont subi, les filles qui ont lutté, les petites-filles qui dévorent leur liberté comme un gâteau offert sans savoir ce que cela a coûté : toutes, vous existez désormais par vous-mêmes et pour vous mêmes. Quand on vous pose la question : « Que faut-il pour qu’une femme puisse réussir sa vie ? », vous répondez souvent, que vous ayiez 20 ou 45 ans : d’abord un métier. Ensuite, un bébé. Et l’homme ? Oui, bien sûr, aussi… Mais l’homme n’est plus le pilier essentiel autour duquel vous vous enroulez. Les vieux modèles sont périmés. Mais les hommes continuent de vous faire payer, au prix fort, vos nouvelles libertés. Et c’est cher : dans le monde du travail, la trilogie bébé-bobo-boulot, les hommes l’ignorent. Pour bosser, pour s’imposer, pour « marketer » comme tout le monde, les femmes doivent mettre les bouchées doubles. Mais le jeu en vaut la chandelle. Il faut encore consolider cet édifice fragile. D’autant que le fossé se creuse entre notre enclave occidentale privilégiée et le reste du monde où le statut de la femme ne bouge guère, voire régresse à vive allure. On ne vous demandera pas de prendre en charge tous les malheurs de celles qu’on excise, de celles qu’on voile, de celles qu’on achète et qu’on vend. Mais si vous saviez ce que représente pour celles-ci qu’on humilie et qu’on méprise, le fait de savoir que, quelque part, ailleurs, on peut être une femme… et libre ! Après tout, pourquoi la liberté ne serait-elle pas aussi contagieuse que le fanatisme ou l’intolérance ?

Autant dire que vous avez remporté une victoire, mais pas la guerre. Du reste, la guerre contre qui ? Contre les hommes ? Mais vous les aimez, les hommes ! Vous les voulez, les hommes ! Sinon pourquoi céderiez-vous aux folies des régimes amaigrissants ? Pourquoi sur vos hauts talons, braveriez-vous les lois du bon sens et de l’apesanteur, en relevant encore le menton et en rentrant le ventre, dès que se promène un regard masculin ? Pourquoi… Inutile de dresser la liste. Il s’agit de séduire, bien sûr.

Vous nous aviez fait peur en proclamant : « Une femme est un homme comme les autres ». Aujourd’hui, même les biologistes nous affirment que non.  Alors, acceptez-la, assumez-la, chérissez-la votre différence. Puisqu’elle n’implique plus ni soumission, ni inégalité. Epargnez-nous le règne de l’androgyne. Et continuez à lisser si bien vos plumages et vos ramages. Après tout, vous ne demandez pas la lune. Simplement la liberté, encore la liberté.
Et cette liberté, je la revendique et vous la souhaite. Avec l’amour en plus. Et la passion en prime.
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