Mercredi 27 mai 2009
Combien de calories ? Le sucre, c’est un peu l’inconnu du noir express. « Pardon, je pourrais avoir un autre sucre ? », je quémande auprès du barman qui, aussitôt, me balance un œil plus noir que mon café. Quelle betterave je fais à réclamer comme ça ! C’est vrai, quoi, je n’ai qu’à plonger la main dans le sucrier sur le comptoir sans rien dire. Plus diabète, tu meurs… Que voulez-vous : pour moi, le sucre, c’est un peu le sel de la vie. Le sucre est sacré, car le sacre du sucre nous consacre. Je veux rappeler par là que le sucre est à la fois essentiel à notre santé et qu’il la menace.

Au fond, trois choses essentielles à la vie nous conduisent à la mort : le sel nous tend, le gras nous détend, le sucre nous étend. Une combinaison des trois allie hypertension, cholestérol et diabète. Il faudrait qu’on nous sucre un peu le sucre, histoire de moins sucrer les fraises. On est tous sous la menace de la fée insuline. On ne devrait plus faire de canard. Chers sucres d’orge, dites non au pouvoir sucrant. Sucrettes et sucrage nous gonfle le glucose (toujours !) Le sucre, c’est le lucre. Vive les associations sans but sucratif ! A bas l’appât du sucre ! Et comme disent les philosophes Sucrate et Ali (qui ne l’aura pas dans le baba) : aspartame, ouvre-toi !

Le kawa, le jus, le p’tit noir, pris au comptoir ou en salle, s’accompagne désormais d’un morceau de chocolat. Ca ne remonte pas aux calendes aztèques. C’est une habitude de nos voisins belges vite adoptée de ce côté-ci de la frontière. Une différence : la Belgique se complaît dans l’ultra doux et le crémeux, alors que nous, en France, nous défendons surtout le chocolat noir. L’amer qu’on voit danser le long des gorges claires, c’est ici. On peut donc pousser notre cocorico tricolore : c’est toujours la poule qui chante qui fait l’œuf en chocolat. Il faudra s’en souvenir à Pâques pour ne pas paraître trop cloche.

Conclusion un peu rapide mais bien pralinée : une vie sans chocolat est une vie sans ganache ! On le boit, on le croque, on le suce, on le déguste. Une grosse fève et… la température monte ! Certains, dont l’héroïsme hépatique ne résiste pas à la gourmandise, n’hésitent pas à dire qu’ils n’ont pas les foies lorsqu’ils engloutissent des quantités et des quantités de pépites. Ce damné chocolat serait bon pour les rachitiques, les mous de l’estomac, les mous tout courts et les stressés – sans parler de ceux dont l’haleine représente un danger pour la couche d’ozone. A eux les spécialités à la menthe. Notez-le sur vos tablettes, c’est un ami cruciverbiste qui me le souffle : le fruit du cacaoyer s’appelle la cabosse. On la roule un peu et c’est la fée du logis. Pardon, la fée du palais.





Par Guy Le Flécher
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