Ce qui est bien en ce moment, c’est que les jours rallongent et qu’on se rapproche du 1er mai, quand Wazemmes met la table pour «
La Louche d’or » Ce désormais célèbre festival des
soupes, copié mais jamais égalé, déborde largement du quartier et se développe ailleurs, en France mais aussi à l’étranger, notamment en Espagne (Barcelone) et en Italie (Bologne) dans le cadre
d’un réseau créé par l’association lilloise Attacafa pour qui « SOUPE » est, depuis 2007, l’acronyme de «
Symbole d’Ouverture et d’Union des Peuples Européens ». Avec pour (belle) devise)
: donner, recevoir, rendre, triple source de rencontre, de convivialité et d’humanité.
Plus d’une centaine de « soupiers » (ou faiseurs de soupes) et autant d’artistes venus de partout, animeront le festival. Les dégustations se feront dans une «
écocup » (un gobelet
consigné), au son de musiques et de contes, de 15 h à minuit. Deux nouveautés pour cette 9ème édition de « La Louche d’or » : la place de la Nouvelle-Aventure sera entièrement réservée aux enfants
et le festival tournera autour de la thématique de l’eau, «
source de vie mais aussi de conflits »
Oui, c’est un bien joli mot, la soupe. Le plat qui tient chaud, le plat qui fait grandir, le plat le plus populaire et le plus universel. A vos bols, les amis ! Goûtez cette soupe aux légumes que
le velouté étouffe de ses caresses. Ce fenouil qui joue les chefs de troupe, cette horde tomateuse qui emballe la langue. Une soupe de poissons, et c’est toute la mer que l’on boit ! Sans oublier
le gaspacho, l’esperanto de la soupe avec tomates, piments, concombres, ail, touillés à l’huile d’olive : les proportions restent à débattre mais le listing tient la route. Toutes ces soupes
excitantes renversent en plaisir l’ancienne terreur du «
mange ta soupe d’abord ! » A déguster donc à pleines assiettes.
Nous exigeons de la soupe ! Et pas n’importe quelle soupe. Pas le rata de régiment qu’on mangeait au clairon, pas la soupe du réfectoire qu’on recrachait en douce. Oui à la soupe à l’oignon, la
soupe dévergondée des noceurs en fin de java, saupoudrée de confettis. Oui à la bonne vieille soupe à l’ancienne qui calme tous les soupe-au-lait. Oui, le potage est un neuroleptique bio !
Nostalgie de la soupière fumante, de la louche qui remplissait équitablement les assiettes. Aller à la soupe ne veut plus dire manger à tous les râteliers, mais retourner à la chaleur et à la
simplicité de l’enfance. «
Mange ta soupe si tu veux devenir grand ! », disait-on autrefois aux enfants. Aujourd’hui, on la mange pour redevenir un enfant.