Mercredi 25 juin 2008

Depuis le 23 juin, le cinéaste Yves Boisset tourne à Lille, un téléfilm pour France 2, consacré à Roger Salengro, incarné à l’écran par le comédien Bernard-Pierre Donnadieu. Le tournage se poursuit jusqu’à la mi-juillet dans la région, puis à Paris.

En voici le pitch : nous sommes en juillet 1936. Le Front Populaire de Léon Blum fait face à des grèves très dures qui se multiplient dans toute la France et paralysent l’économie du pays. Un homme va réussir à remettre la France au travail. Seul et sans employer la force, sans tirer un seul coup de fusil, sans envoyer une seule grenade lacrymogène. Cet homme c’est Roger Salengro, ministre de l’Intérieur de Léon Blum et principal artisan des accords de Matignon. L’homme des congés payés, de la semaine de quarante heures et des salaires minimaux pour les travailleurs.
Le patronat et la droite ne pardonneront jamais à Salengro ces acquis sociaux vraiment révolutionnaires pour l’époque. Ils montent contre lui une campagne de calomnies d’une extrême violence en l’accusant du pire crime qu’on ait pu commettre en ces années-là. Ils l’accusent d’avoir déserté pendant la guerre de 14. C’est un mensonge avéré. Mais, calomniez, il en restera toujours quelque chose. Le nom de Salengro en restera sali.
Roger Salengro était innocent. Il n’avait pas déserté. L’armée l’avait officiellement reconnu. L’Assemblée Nationale le proclama publiquement mais pour sauver le gouvernement du Front Populaire, Salengro présente sa démission à Léon Blum qui la refuse. Accablé par l’injustice qui lui est faite, par le décès de sa femme quelques années auparavant, il se suicide au gaz quelques jours plus tard, le 19 novembre 1936. Un suicide qui fera de lui un des martyrs de la cause sociale contemporaine.
Rappelons qu’à Lille, mais cela le film n’en parle pas, Roger Salengro, qui a été élu maire en 1925, a impulsé une politique de grands travaux (Foire de Lille, port fluvial, cité hospitalière, logements à bon marché, rénovation du quartier Saint Sauveur avec la construction du nouvel hôtel de ville et son beffroi…), autant de réalisations qui ont fait véritablement entrer Lille dans le 20ème siècle. Roger Salengro possédait également une vision d’avenir de sa ville : il raisonnait déjà en terme d’agglomération et d’intercommunalité et voulait développer ce qu’il appellait “le plus grand Lille ”.


Réalisé par Yves Boisset
Avec Bernard-Pierre Donnadieu, Daniel Mesguich, François Morel, Jean-Claude Dreyfus, Julie-Marie Parmentier, Christian Brendel, Maxime Leroux, Alain Rimoux, Laure Killing, Philippe Magnan, Isabelle Sadoyan…

Par Guy Le Flécher
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Mercredi 25 juin 2008

Dans le cadre du 40e anniversaire des révoltes ouvrières et étudiantes de Mai - Juin 1968 et à l'occasion de la sortie de leur album - CD "1968 - 2008. N'effacez pas nos traces", l'Association des Amis de Joseph Tournel  a invité Dominique Grange et Jacques Tardi dans le Pas-de-Calais, ce samedi 28 juin 2008.

Ce samedi 28 juin, donc, à partir de 21h 30, la chanteuse Dominique Grange donnera un concert au café "Chez Tartous et compagnie", à Monchy-Breton. Elle sera accompagnée au piano de Philippe Mira.
Elle a ainsi répondu à l'invitation des Amis de Joseph Tournel soucieux d'assurer la promotion de son dernier album "1968 - 2008. N'effacez pas nos traces !" Un CD qu'a illustré, avec le talent qu'on lui connaît, l'auteur de bandes dessinées, Jacques Tardi. Tous deux se prêteront ainsi volontiers au jeu des dédicaces. A travers cet album remarquable, Dominique Grange a souhaité, en chansons, répondre aux propos de Nicolas Sarkozy, qui, alors candidat à la Présidentielle de 2007, se montrait soucieux de "liquider une bonne fois pour toutes l'héritage de Mai 68". « Soixante-huitards nous avons été et c’est notre fierté de le revendiquer encore et toujours, bien haut et bien fort, même si ça ne plaît pas à tout le monde... Tout comme les révolutionnaires de 1848 revendiquaient d’avoir été des Quarante-huitards, puis ceux de la Commune, des Communards! C’est notre fierté, en effet, de nous être révoltés contre les profits capitalistes, contre la misère et l’exploitation des prolétaires, contre le racisme et les conditions de vie indignes faites aux immigrés, contre le sexisme sous toutes ses formes, contre toutes les discriminations et les atteintes aux libertés individuelles, contre la répression et les exactions policières, contre l’impérialisme, enfin, encore et toujours… », souligne volontiers Dominique Grange qui n'a rien perdu de sa verve militante.

Dominique Grange et Jacques Tardi seront :
- à 15h, à la librairie "Un pas de côté", 246 rue Sadi-Carnot à Béthune, pour une séance de dédicaces et une rencontre avec le public.
- à partir de 21h 30, au café "Chez Tartous et Compagnie" à Monchy-Breton. Accompagnée au piano de Philippe Mira, Dominique Grange y donnera un concert. Rens. : 03.21.03.16.19.

. Le site de Dominique Grange :
http://www.myspace.com/dominiquegrange

. Association des Amis de Joseph Tournel , 22, rue nationale , 62150 Rebreuve-Ranchicourt
Par Guy Le Flécher
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Mardi 24 juin 2008
A l’épicentre des fêtes en 2004, en 2006, en 2008 : la rue Faidherbe, devenue promenade entre gare et citadelle. Même les Lillois aux pas pressés se surprennent à y flâner. La rue où la pluie ruisselle et que le soleil baigne avec sensualité. Quand en 1865, on sortait de la gare de Lille, on se retrouvait face à un labyrinthe de petites rues et d’immeubles. Difficile de gagner rapidement la Grand-place, et notamment pour les hommes d’affaires de se rendre à la Chambre de commerce nouvellement construite. On décida alors de percer une « rue de la gare » en éventrant le parcellaire ancien et en passant à travers un ensemble de 141 maisons. Disparaissent aussi la halle échevinale du 16ème siècle, le temple trotestant ainsi que le marché aux poissons et sa célèbre rotonde.  Une intervention « à la Haussmann », comme Paris en a bien connu à l’époque.
 D’ailleurs, la rue Faidherbe (elle ne prendra ce nom qu’en 1880) devait ressembler à la rue de Rivoli à Paris. Mais les arcades en rez-de-chaussée n’ont jamais vu le jour. Par contre, les immeubles, tous à la même hauteur avec leurs rotondes d’angle, ont été construits sur le modèle parisien, Les décorations de fruits et les caryatides apportent une petite touche flamande.
Légérement désaxée par rapport à la gare Lille Flandres, cette rue essentielle du centre ville ne s’offre-t-elle pas comme une invitation à poursuivre sa route, au delà de la Vieille-Bourse, au-delà même de la Grand-Place, vers peut-être le quai du Wault, la Deûle, le Bois de Boulogne et la Citadelle ? N’est-elle pas « promenade urbaine », « rambla » comme à Barcelone ?
Il faut bien l’admettre : il y a quelques années encore, on ne prenait pas plaisir à s’y promener, on osait à peine aller d’un trottoir à l’autre, la traverser était dangereux et difficile. Utilisée comme une voie de transit, de traversée de l’hyper-centre, cette artère principale de Lille était saturée par la circulation, défigurée en certains endroits par des façades noircies par le temps ou la pollution et des immeubles en partie inoccupés àux étages.
La rue Faidherbe dévalorisée n’était plus attractive, elle manquait de vie, de convivialité. Elle n’était pas à la hauteur de son patrimoine architectural. Encore moins de son positionnement entre gare, Vieille-Bourse, opéra et Grand Place.
C’est parce qu’elle le méritait bien que la rue Faidherbe s’est offert en 2003 une grande toilette. La « promenade Faidherbe » privilégie donc le piéton sans exlure la voiture.  La circulation automobile est ramenée à deux fois une voie (6,40 m de large).  On ne peut plus stationner. Les trottoirs sont élargis à 9,10 m. L’éclairage a été bien étudié, le choix des sources et des puissances lumineuses crée une véritable ambiance : 3 mâts de 18 m de haut renforcent les lumières placées en façade. Des pavés de porphyre rouges, des dalles de pierre bleue et de granit comme sur la place du théâtre marquent bien les différents espaces voitures-cyclistes-piétons. Une fois fermée à la circulation, la rue peut se transformer en place sans obstacle. Tour à tour rue ou place, la promenade Faidherbe a été au coeur d’événements et d’animations exceptionnelles au cours de 2004. Jean-Claude Mézières, le célèbre créateur de la bande dessinée de science-fiction « Valérian », y a ouvert un « Chemin des étoiles » : la piste d’envol d’un astroport vers les étoiles, sept arches de huit mètres de haut, au centre desquelles passaient piétons et voitures. Quai d’embarquement, gyrophares, écrans, antennes ont fait de cette rêverie mécanique et colorée un spectacle permanent et apprécié.
De « Chemin des Etoiles », la rue Faidherbe est devenue rue de Shanghaï, avec son Pavillon de thé, puis forêt de bambous. En octobre 2006, la voilà indienne ! Quand ses artères s’enfièvrent, Lille toute entière vibre, s’ébroue, chauffe jusqu’à ébullition. Une pointe de démesure, de folie baroque et le goût du tourbillon jusque dans l’excès.
Par Guy Le Flécher
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Vendredi 20 juin 2008

Ca chante ici, ça symphonise là, ça musique-de-chambre, ça piano-violonise aussi, ça concertise et accordéonise encore. Il y en a partout et pour tous les goûts. Idées toutes fêtes ! Organisée ou spontanée, mais toujours conviviale et populaire, la Fête de la musique enchante nos 21 juin depuis 1982. Cette année encore, en ce premier jour d’été, on pourra loucher d’une oreille sur un groupe de rap, tandis que l’autre se glissera entre deux impros jazz, en attendant de pouvoir se gaver de trois quatuors qui n’attendent que de prendre le relais d’un concert rock qui vient de céder la place et le podium à un chanteur de variétés qui, etc, etc, etc.

Le 21 juin, il y a toujours comme un vertige de la multiplication qui fait de Lille une ville occupée par la musique. Occupation à laquelle on n’a guère envie de résister, mais qui oblige pourtant à des choix, donc à des renoncements et à des douleurs. Tant pis, laissez-vous aller au hasard des rues, des salles et des podiums. Et laissez-vous hâler puisqu’on nous promet du soleil. Un chemin de croches, une route du rythme, un parcours du cœur battant, une carte d’ébats majeurs.

Au badaud de se laisser séduire. Les musiciens de rue vous attendent au tournant. Ne les ratez pas ! Jamais Lille n’est aussi belle que lorsqu’elle prend le temps de s’amuser et de battre des mains. Chaque fois que la ville  se fait cigale, ses rues se métamorphosent en fourmilières déchaînées. Et ce n’est pas fini : cet été, on attend encore beaucoup de monde pour Lille Plage, Lille Ranch et la fabuleuse exposition de « Regards sur la Chine » que va accueillir le Tri Postal. De quoi redonner des couleurs à la nuit et des étincelles aux visages.
Par Guy Le Flécher
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Lundi 16 juin 2008

Ca ne pouvait pas germer dans la tête d’un 59. Il n’y avait qu’un 75, un de ces technocrates parisiens, pour concevoir un projet pareil :  supprimer le numéro de département sur les plaques des voitures. Une décision prise par l’élite des gens les plus mobiles, ceux pour qui l’appartenance à une commune n’a plus de sens puisqu’ils sont les dominants de la mondialisation, les amis de l’avion.

Des immatriculations sans département, je vous demande un peu … Et pourquoi pas la braderie sans moules ni frites, un camembert sans lait cru, un 14-juillet sans bal, un mois de mai sans manif , un automne sans vendanges tardives ? « Ils » sont vraiment à côté de la plaque ! Comme si on n’avait déjà pas assez de problèmes avec le monde moderne. Pourquoi nous déranger pour des choses qui n’en valent pas la peine ?

« Ils »nous ont déjà supprimé les phares jaunes, le 12 des renseignements, la cigarette au comptoir ! Cette fois, on ne l’acceptera pas. La bataille des plaques se prépare. Elle aura bien lieu. Passéiste, cette fronde venue des tréfonds de la France départementale ? Pas si simple.  Les chiffres de gauche, c’est pour la préfecture et la police. Ceux de droite, c’est à moi. Ils disent qui je suis et d’où je viens :  59, c’est chti, ch’est donc mi. Ma plaque, mon territoire. C’est plus qu’un code, c’est un signe extérieur d’appartenance. En vacances dans le Sud, cela sert à signaler à la voiture devant qu’on est du même coin, appel de phares à l’appui.

Cela permet aussi de renseigner la police : « C’était un 13, monsieur l’agent, ça m’a frappé, parce que des 13, on n’en voit pas beaucoup par ici dans le 59 ». Et même à éviter des accidents : si vous voyez un 29 hésiter au carrefour, vous comprenez qu’il cherche sa route, et instinctivement, vous levez le pied. Et puis ca permet d’occuper les gamins. C’est ainsi qu’ils apprennent les départements, comme nous les avons tous appris. 35 : Ile-et-Vilaine ; chefs-lieux : Rennes, etc…

Tandis que Sarkosy, par exemple, peut parcourir 1000 kilomètres par jour, les citoyens les plus relégués de nos quartiers ne connaissent que le pied de leur immeuble. Comment dès lors ne pas se raccrocher au local, au proche quand le lointain est inaccessible et menaçant ? Les numéros de départements, c’est une manière de se situer dans le monde, de ne pas être réduit, justement, à un numéro matricule.

 Non, décidément, touche pas à ma plaque !
Par Guy Le Flécher
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Lundi 16 juin 2008


De septembre 2008 à juin 2009, l’Opéra de Lille proposera 8 opéras ou spectacles musicaux (33 représentations), 6 spectacles de danse (14 représentations), 4 concerts, 3 escales de lille3000, 30 concerts du mercredi et 3 Happy Days.


La saison lyrique s’annonce riche en contrastes et en découvertes. Les Noces de Figaro et La Périchole donnent le ton d’un programme vif et joyeux en première partie de saison. La deuxième partie, en lien avec lille3000, invite des compositeurs visionnaires d’une nouvelle Europe du XXème siècle : Kurt Weill qui avec Bertolt Brecht invente l’Amérique depuis Berlin (Mahagonny), et Leos Janacek (La Petite Renarde Rusée). Le maître mot de l’Opéra de Lille reste le même depuis cinq ans : l’ouverture artistique et vers tous les publics. Avec pour la première année, la mise en place d’une série de rendez-vous intitulée l’Opéra en famille.

Ce sont au total 8 opéras et spectacles musicaux (au lieu de 5 la saison dernière), pour 33 représentations, qui sont présentés, dont :
- Avec 3 nouvelles productions, l’Opéra de Lille affirme sa politique de création : en octobre, Les Noces de Figaro de Mozart ;  en novembre (After) The Fairy Queen, comédie féérique de Purcell, avec la collaboration de la Clef des Chants, coproducteur de ce spectacle et, en janvier, La Périchole d’Offenbach.
- 2 coproductions : en avril, Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny de Kurt Weill, Le Voyage de Pinocchio (création en novembre) sur des musiques traditionnelles italiennes, réalisé avec la participation de la Maîtrise Boréale.
- 3 spectacles accueillis : en novembre, I went to the house but did not enter de Heiner Goebbels, création avec l’impressionnant Hilliard Ensemble ;  Riders to the sea de Vaughan Williams; en juin 2009,  La Petite Renarde Rusée de Leos Janacek chef-d’œuvre incontesté du répertoire.
Ces productions sont réalisées en collaboration avec les partenaires artistiques privilégiés de l’Opéra depuis sa réouverture : l’Orchestre national de Lille dirigé par Jean-Claude Casadesus (La Périchole), Le Concert d’Astrée dirigé par Emmanuelle HaÏm (Les Noces de Figaro et (After) The Fairy Queen) et l’orchestre de Picardie dirigé par Pascal Verrot (Mahagonny).
Certains metteurs en scène sont déjà bien connus du public de l’Opéra, comme Jean-François Sivadier qui avait réalisé Madama Butterfly et Wozzeck, et qui revient pour les Noces de Figaro, Patrice Caurier et Moshe Leiser avaient monté L’Enfant et les Sortilèges en 2006-2007, ils reviennent avec Mahagonny. Nouvelle venue, la jeune et talentueuse Bérangère Jannelle assure sa première mise en scène d’opéra avec La Périchole.

La danse occupe depuis 5 ans une place prépondérante dans la programmation de l’Opéra de Lille qui confirme son engagement en faveur de la création chorégraphique avec Comment dire « ici » ? de Christian Rizzo qui poursuit sa résidence à Lille et Entracte de Josef Nadj. Trois autres chorégraphes, Alain Platel, Maguy Marin et Sidi Larbi Cherkaoui viendront aussi présenté leurs dernières œuvres. L’Opéra de Lille participera aussi à RésiDances, coordonné par Danse à Lille, qui mettra en valeur pendant trois jours, la vitalité de la danse en Nord-Pas de Calais.

De prestigieux interprètes se produiront aussi : Marie-Nicole Lemieux, Christian Gerhaler ou encore les Quatuors Prazak et Talich, tous deux originaires de Prague, et ce dans le cadre de EUROPE XXL organisé par lille3000 (voir page 6). Plus courts et informels, les concerts du mercredi à 18 h au foyer de l’Opéra, sont devenus des rendez-vous musicaux très suivis tant par les mélomanes que par les simples curieux. Ce sont aussi des propositions adaptées à toute la famille, comme les Happy Days qui permettent à tous de découvrir autrement l’Opéra de Lille.

Au total, 26 spectacles contre 21 la saison passée, avec pour cette nouvelle saison l’objectif de 4 500 abonnés et toujours la priorité d’ouverture à de nouveaux publics : « Ceux qui veulent tenter une première expérience sont aussi les bienvenus ! », dit la directrice de la maison, Caroline Sonrier.

. 5 abonnements sont proposés, infos aux guichets, rue Léon Trulin, par tél. au 0820 48 9000 et sur www.opera-lille.fr



En chiffres

En 2007-2008, l’Opéra a accueilli :
. Plus de 50 000 spectateurs
. 4127 abonnés
. 14 200 spectateurs lors de ses Happy Days
. 2950 élèves issus de 65 établissements scolaires
. 580 spectateurs dans le cadre de son action sociale
. 121 déficients visuels et accompagnateurs
. 1700 ventes en ligne (+ 50%)

Par Guy Le Flécher
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Lundi 16 juin 2008
- « Z’ont de la chance. Ils sont en vacances ! 
-  Qui ça ?
-  Ben, les jeunes !
»

C’est qui, c’est quoi, les jeunes ? Ceux qui accumulent les diplômes ou ceux qui collectionnent les petits boulots ? Ceux qui se mettent en couple ou ceux qui vagabondent ? Ceux qui raquent ou ceux qui rament ? Ceux qui râlent ou ceux qui rêvent ? Ceux qui ravent ou ceux qui rappent ? Ceux qui rockent ou ceux qui raïent ? Quand les mêmes ne font pas tout cela à la fois ! Et pourquoi ne pas écouter Mozart, en plus ? Et kiffer Brassens ? Et lire Hugo. Tout en dévergondant la langue française à coup de verlan, même quand on est khâgneux ou futur avocat ! Aimer aussi la bédé, la SF, les mangas, Truffaut et Chouchou, Diam’s et Johnny, Che Guevara et Joey Starr, Rubens et les graffeurs, le gand Will (Shakespeare) et le grand Bob (Marley). Zapper sur la culture comme on zappe sur la télé.

Tous différents, chacun tributaire de son histoire individuelle, mais un point commun : privilège de leur âge, ils s’adaptent à grande vitesse. Ils sont nés avec le chômage près du berceau, ils sont moins pris au dépourvu que leurs aînés. Le chômage aurait dû les abattre, ils l’ont apprivoisé.
Les voilà à l’affût de la bonne formation, du filon « génial », du tuyau « cool ». Ils font avec, c’est clair ! Mais ce n’est pas parce que la crise les a abonnés aux jobs éphémères que leur ambition s’en contente.

 Passe ton bac d’abord !  reste un mot d’ordre valable. Ni fainéants, ni indifférents. Consciencieux ! Et mobiles ! Ils l’ont compris : un boulot pour la vie, c’est fini ! Mais ils ont la vie devant eux, ils auraient tort de ne pas en profiter. Puisqu’ils se coltinent le sida, la violence, le chômage, le scepticisme et le cynisme ambiants, la loi du marché, la vache folle et la planète qui se débine, pourquoi ne pas prendre plaisir à aller patauger dans la boue d’un champ, la nuit, en secret, pour transpirer par milliers aux sons saccadés d’une musique répétitive ? Les adultes ne comprennent pas, ils ne comprennent jamais rien.

 « - Dis, fiston, c’est quoi un texto ? ». Internet et le portable ont changé la vie. Mais là où cette révolution n’évoque que plaisir et facilité chez les jeunes, quel embarras, quelle frayeur chez les adultes ! Au lieu de l’admettre, ceux-ci dénigrent. Mais payent. N’en finissent pas de payer : le forfait explosé et l’abonnement au net, les fringues et les vacances, les équipements sportifs et les psys, s’il le faut. On squatte l’appart’ des parents, on vide le frigo, on emprunte la bagnole, on amène son amour dormir « à la maison » et le lendemain, maman prépare le petit-déj’ pour tous.
Les plus paumés ne sont pas ceux qu’on croit.
Par Guy Le Flécher
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Jeudi 12 juin 2008
Il est regrettable que le premier contact avec l’Amérique doive se passer dans un aéroport. Il faudrait mettre des panneaux sur les murs : « Bienvenue aux USA. Vous allez passer ici vos premières heures, aussi désagréables que possible. » Une heure entière pour passer le filtre de l’immigration, puis le contrôle de sécurité. Trois cents passagers hagards, abrutis de sommeil, aux vêtements froissés, alignés devant deux personnes vérifiant leurs documents. Vous remarquerez vite que tous ces gens sont gros, presque obéses, et que c’est malheureusement logique : quand on vous dit qu’il ne faut pas fumer, ni boire, ni faire l’amour, ni regarder des films coquins, ni même aller danser, le seul plaisir qui vous reste est celui de manger, et manger et encore manger. En Amérique, le fanatisme religieux est souvent proportionnel à la taille du fessier.
Par Guy Le Flécher
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Jeudi 12 juin 2008
Si l’on cherche un endroit où l’homme puisse se regarder, le voici. Une sorte de musée du monde, pour tout le monde. Rassemblant toutes sortes de témoignages divers des cultures humaines. Des objets qui n’auraient probablement pas survécu s’ils étaient restés dans les îles. C’est le musée d’histoire naturelle de Lille, toujours promis à devenir un musée des civilisations quand les subventions arriveront. Le projet est là, en tout cas.

Un drôle de lieu où les citoyens peuvent confronter leurs opinions au monde. Qui apprend la reconnaissance de l’autre : sous d’autres cieux, en d’autres temps, il existe d’autres formes de vérités, de beautés. Important à une époque où l’on est sous la menace du fanatisme et de la haine. L’endroit où les citoyens peuvent venir interroger leur culture et leur histoire, non seulement à travers les mots, mais à travers les objets.

Voilà donc un espace où les cailloux, les ossements, les mygales voisinent avec des objets provenant de sociétés dont les Européens connaissaient à peine l’existence. Des pièces qui soulèvent toutes sortes d’interrogations sur l’origine et les coutumes de communautés éloignées. Ces éléments exotiques font naître une incertitude fondamentale et, idéalement, la tolérance. Cette connaissance ébranle toute proclamation à une vérité exclusive, d’où qu’elle provienne. Cette cohabitation d’éléments disparates est indispensable pour libérer la pensée. Et c’est ainsi que l’histoire universelle se raconte… Un caverne qui vous laissera baba…
Par Guy Le Flécher
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Mercredi 11 juin 2008
Il est au chômage depuis 4 ans. Touche le RMI, se soigne grâce à la CMU. Vit chez ses parents. Une mise en lisière, une relégation dans les limbes. Une mise à l’index. Un non statut. Une existence inentamée à presque 30 ans. Pourtant, il a des diplômes. Pourtant, il cherche du boulot. Il en veut vraiment. Ses journées se lèvent tôt et se partagent en phases actives et rigoureuses de recherche d’emploi et en moments de blues. Il postule, candidate, auditionne. Il se démène même si on le malmène. Mais rien. Pourquoi ? Pour échapper au vide, il dévalise la bibliothèque municipale. Et quand il n’en peut vraiment plus de l’enfermement, du ressassement, il prend sa voiture, une vieille bagnole, et va à la mer. Il pousse jusqu’à Ostende, une plage qui sent la gaufre et la crèpe. Il se goinfre aussi de crevettes, de moules et de bigorneaux. Ou alors, il entre au casino. Et fort de 200 euros prélevés sur son RMI, il va se blottir contre un bandit manchot.
Par Guy Le Flécher
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