Lundi 6 octobre 2008
Le Mondial de l’automobile est ouvert : bigre ! ça titre mieux que simple « salon de l’automobile » ! Faut dire que les voitures font vivre plein de gens, par millions. Les ouvriers qui les
fabriquent et les garagistes qui les réparent. Mais aussi les assureurs qui les assurent, les taxis qui les conduisent, les pompistes qui les ravitaillent, les voleurs qui les volent, les
publicitaires qui les vantent, les épavistes qui les désossent, les agents de police qui les orientent. Et encore les fabricants de panneaux de priorité, les enrouleurs de macadam, les traceurs de
lignes blanches, les constructeurs de radars, les guichetiers de préfecture (section cartes grises). Et encore, et encore, les moniteurs d’auto-école, les contrôleurs des Mines, les
infirmiers du Samu, les loueurs de parkings, les découpeurs de peaux de chamois, les cartographes, les vendeurs de pattes de panthère porte-bonheur, jusqu’au bûcheron qui coupe le bois dont on fera
le carton qui emballera les ampoules des feux rouges.
La voiture exige beaucoup. Un peuple entier – deux millions et demi de personnes au bas mot – s’affaire autour d’elle, comme une ruche auprès de sa reine. La proportion des accros du volant croît à la vitesse grand V. Pourtant, il va falloir l’admettre, même si ce sera douloureux : la fin du règne absolu de l’auto est inexorable. Chaque jour nous le démontre. Elle asphyxie nos villes ; sa litanie de kilomètres de bouchons nous conduit à l’absurde ; elle, symbole passé du temps gagné nous en fait perdre de plus en plus ; les coûts de ses infrastructures deviennent vertigineux ; gigantesque faucheuse, elle nous arrache les êtres aimés.
Par la force des choses et de l’évidence, la bagnole, reine de nos comportements, va devoir perdre de sa superbe. Mais la bête résiste. Parce que renverser un siècle de mauvaises habitudes, d’asservissement individualiste si largement partagé, et lutter contre les lobbies aussi puissants que les constructeurs ou les multinationales pétrolières n’est pas mince. On ne voit jamais un automobiliste coincé dans son embouteillage quotidien se dresser contre l’imbécillité de sa situation, appeler ses voisins de la file de gauche à rompre les chaînes de leur galère commune.
Il faudra du temps pour revenir à la raison, apprendre à se passer de sa voiture pour ces petits trajets de moins de cinq kilomètres qui font l’essentiel des déplacements urbains. « La voiture, ça pue, ça pollue et ça rend con ! », proclamait sans fioritures un slogan des années 70. Depuis, rien de bien révolutionnaire n’a changé les choses. Pas même une petite pause dans la folle course des quatre-roues.
La voiture exige beaucoup. Un peuple entier – deux millions et demi de personnes au bas mot – s’affaire autour d’elle, comme une ruche auprès de sa reine. La proportion des accros du volant croît à la vitesse grand V. Pourtant, il va falloir l’admettre, même si ce sera douloureux : la fin du règne absolu de l’auto est inexorable. Chaque jour nous le démontre. Elle asphyxie nos villes ; sa litanie de kilomètres de bouchons nous conduit à l’absurde ; elle, symbole passé du temps gagné nous en fait perdre de plus en plus ; les coûts de ses infrastructures deviennent vertigineux ; gigantesque faucheuse, elle nous arrache les êtres aimés.
Par la force des choses et de l’évidence, la bagnole, reine de nos comportements, va devoir perdre de sa superbe. Mais la bête résiste. Parce que renverser un siècle de mauvaises habitudes, d’asservissement individualiste si largement partagé, et lutter contre les lobbies aussi puissants que les constructeurs ou les multinationales pétrolières n’est pas mince. On ne voit jamais un automobiliste coincé dans son embouteillage quotidien se dresser contre l’imbécillité de sa situation, appeler ses voisins de la file de gauche à rompre les chaînes de leur galère commune.
Il faudra du temps pour revenir à la raison, apprendre à se passer de sa voiture pour ces petits trajets de moins de cinq kilomètres qui font l’essentiel des déplacements urbains. « La voiture, ça pue, ça pollue et ça rend con ! », proclamait sans fioritures un slogan des années 70. Depuis, rien de bien révolutionnaire n’a changé les choses. Pas même une petite pause dans la folle course des quatre-roues.