Mardi 18 août 2009

Cette location, ce bail, ces clés, vous les voulez vraiment ? L’épreuve qui vous attend s’apparente à un concours de jumping. A chaque seconde, vous pouvez décrocher la barre. Etre éliminé. Disqualifié. Certes, avec courtoisie : « Vous êtes le quatorzième sur ma liste. » Le podium est au prix d’un sans-faute.

Habillez-vous comme il faut. Du gris clair, du pastel. Evitez le survêtement et les pompes bicolores. Ensuite, simulez l’harmonie parfaite avec votre conjoint(e). Bien. Il s’agit de rassurer cet homme. Car l’agent immobilier – dites bonjour au monsieur – est un angoissé. Dans ce bas monde, et dans ce métier en particulier, on a le sens de la catastrophe immanente. Il l’a. Il est payé pour. Il vous rappelle les commandements : 1. Tu honoreras ton loyer. 2. Tu épargneras aux colocataires les séances de barbecue sur le balcon. 3. Et les soirées tam-tam « jusqu’au bout de la nuit ». Les trois S : solvabilité, savoir-vivre, silence. Bien sûr, vous lui jurez qu’avec vous, il n’y a rien à craindre. Il ne vous croit pas. Il a raison.

S’ensuit un questionnaire intime – même le KGB n’allait pas si loin. Avez-vous un enfant en bas âge ? Un petit chien ? Un gros ? Un perroquet, peut-être ? Etes-vous fiancé(e) ? Félicitations. A un chanteur d’opéra ? A un étudiant boursier africain ? Vous aurez à finasser. A esquiver. A biaiser. Mentir ? Cela va de soi. Par omission, surtout. Si vos fistons ont des dons réels pour le basket en appartement, le roller et la batterie, gardez-le pour vous.

La caution de vos parents – il est dans quoi votre père ? Puis la fiche de paie. Journaliste ? Ah ! Et comment va la profession ? « Très mal. Merci. Comme la vôtre. » Cet accès de franchise, le seul autorisé, peut déboucher sur un début de complicité. Mais ce n’est pas gagné. L’agent immobilier aime le suspense. Vous êtes en ballottage, dit-il. Vous n’avez qu’une envie. Le défenestrer. Souriez.

Plus tard, vous « chercherez à acheter ». Et vous découvrirez un autre homme. Un conteur.  Qui vantera « du beau volume ", du « plein sud », de l’ "excellent rapport investisseur ». Stop : « Il est tout en couloirs, cet appartement. » Vous le négocierez comme un kilo de bananes trop mûres. Vous mégoterez. Raboterez. Lâcherez votre « dernier prix ». Un prix étudiant. Il sera groggy. Et c’est lui qui vous rappellera. Ce jour-là, vous serez vengé.
Par Guy Le Flécher
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Mercredi 29 juillet 2009
Du 2 octobre au 29 novembre 2009, le Tri Postal - lieu phare de l’art contemporain  à Lille- accueille une rétrospective unique de 50 années de travail de l’artiste Peter Klasen. L’événement lillois de cet automne.

La rétrospective lilloise consacrée à Peter Klasen présente plus de 150 oeuvres, en un parcours chronologique et huit thématiques. Elle permet une immersion totale dans un univers singulier où l’on découvre peintures, sculptures, installations, créations multimédia, photographies... L’Autobus réalisé en 1985 par Peter Klasen pour les transports urbains de Valenciennes, sera à l’entrée du Tri Postal et offrira un point d’accueil.

Né à Lubeck en Allemagne en 1935, l’artiste vit et travaille à Paris depuis 1959. Artiste engagé, révolté, ses oeuvres évoquent la société industrielle, la société de consommation, un monde lisse où Peter Klasen joue de multiples signes et objets. L’œuvre de cet artiste majeur de la Figuration narrative s’inspire de la réalité urbaine, de ses signes, de ses codes.

Figuration narrative

Au moment même où le Pop Art  s’impose en Europe, la Figuration narrative rassemble au cours des années 60, des peintres  (Adami, Erró, Stämpfli, Arroyo, Bertholo, Bertini, Fahlström, Monory, Recalcati, Saul, Voss… et bien sûr Peter Klasen) venus d’horizons esthétiques ou géographiques différents qui placent la société contemporaine au coeur de leurs oeuvres. Ils travaillent à partir de l’image photographique, cinématographique ou publicitaire, de la bande dessinée ou même de la peinture classique, pour en révéler des sens inattendus, les détourner, suggérer d’autres narrations, montrer leurs implications politiques et dénoncer les aliénations de la vie contemporaine.
Le travail de Peter Klasen a fait l’objet de plusieurs commandes publiques dont une pour la Mairie de Lille en 1988.  Ses œuvres sont exposées dans le monde entier et figurent dans de nombreuses collections publiques et privées.

Huit thématiques

Le parcours de l’exposition s’articule en 8 thématiques fortes.
1) Figuration narrative 1960-1968 :  Un ensemble très complet de travaux historiques prêtés à titre exceptionnel pour la plupart par des collectionneurs privés permet de comprendre « la mise en place » de l’univers « klasenien ».
2) Tableaux Binaires et Installations 1969-1973 : cette présentation majeure démontre à quel point Peter Klasen a ouvert avec force la voie aux artistes qui interrogent aujourd’hui la société contemporaine.
3) Interdits et Enfermements 1974-1989 : dans les années 70, Peter Klasen radicalise ses propositions picturales : arrières de camions, wagons, grilles, containers... marqués de panneaux d’interdiction déclinés dans des formats monumentaux. Un univers propre à l’artiste, totalement personnel et identifiable.
4) Shock Corridor Dead End 1991 : un environnement monumental inspiré par le film éponyme du cinéaste américain Samuel Fuller. Présenté à la Fiac en 1991, il est très précisément reconstruit à l’identique pour le Tri Postal.
5) Mur de Berlin 1987-1988 : Deux ans avant l’effondrement du Mur, Peter
Klasen réalise un ensemble sur le Mur de Berlin, à partir de ses photographies. Il étudie les graffitis, les réactions protestataires…
6) Nowhere - Anywhere années 2000 :  Klasen utilise la photographie numérique pour réaliser un constat de la société d’aujourd’hui. Les accidents, la drogue, la folie, la paranoïa, les relations entre les hommes et les femmes... Il montre des «lost landscapes» (paysages perdus) mais affirme encore que «Life is beautiful» (la vie est belle).
7) La Colonie Pénitentiaire 2009 :  Conçue spécifiquement pour le Tri Postal, l’installation monumentale La Colonie Pénitentaire, inspirée de la nouvelle de Franz Kafka, aborde le thème de la torture. Un espace spécifiquement aménagé permettra d’écouter à l’aide d’un casque une lecture de la nouvelle par un comédien.
8) I was here definitely, un environnement : en arrivant au Tri Postal, et avant d’aborder la rétrospective, le visiteur pourra effectuer une première plongée dans le monde de Klasen en traversant I was here definitely, un parcours constitué de grandes bâches, de projections de films et habité par 4 Porsches customisées et peintes par l’artiste.

 . Le Tri Postal à Lille : Avenue Willy Brandt, Lille (Métro Gare Lille Flandres). Exposition visible : du 2 octobre au 29 novembre. Mercredi au samedi: 14h - 19h / Dimanche: 10h - 19h.  Tarif plein 5 euros / Tarif réduit 3 euros Contact : Tél: 03 20 14 47 60 (accueil, billetterie) / www.mairie-lille.fr/fr/Culture/tri-postal
Par Guy Le Flécher
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Mardi 28 juillet 2009
Cette saison 2009-2010 revendique avec force la mission de création de l’Opéra de Lille : 3 nouvelles productions d’œuvres majeures du répertoire (Dardanus de Rameau, Eugène Onéguine de Tchaïkovski, Carmen de Bizet), les créations du chorégraphe Christian Rizzo et celle du compositeur Riccardo Nova, en constituent les moments clefs. Une quinzaine de spectacles et concerts invités complètent ce programme.

Dardanus crée l’événement en ouverture de la prochaine saison qu’ont récemment présenté à la presse Catherine Cullen et Catherine Sonrier, respectivement présidente et directrice de l’Opéra de Lille. Dardanus, chef-d’œuvre de Rameau, n’a pas été monté depuis près de trente ans dans le monde et il est placé sous la direction d’Emmanuelle Haïm avec le Concert d’Astrée. Cette production marque ainsi une nouvelle étape de la collaboration exemplaire avec cet ensemble de grand talent que l’Opéra et toute la région s’enorgueillissent d’accueillir en résidence.
Eugène Onéguine réunit une équipe choisie avec l’Orchestre de Picardie sous la direction de Pascal Verrot et le metteur en scène Jean-Yves Ruf, familier de l’œuvre de Pouchkine.

L’Orchestre national de Lille, partenaire proche et fidèle, conclut la saison avec un autre événement très attendu : Carmen, sous la direction de Jean-Claude Casadesus et mis en scène par Jean-François Sivadier. L’Opéra rassemble à cette occasion des moyens exceptionnels pour proposer 10 représentations et accueillir un très large public – près de 12 000 personnes au total, et offre ainsi, au public fidèle comme aux nouveaux venus, l’accès à l’un des plus grand chefs-d’œuvre du répertoire.

Quatre autres propositions lyriques « invitées » (dont deux en coproduction) complètent ce vaste programme – de L’Infedeltà delusa de Haydn à Medea du compositeur contemporain Pascal Dusapin – et contribuent à donner une image vivante et créative de l’opéra.

Cette création et cette inventivité sont par ailleurs fortement présentes cette saison grâce à un large programme de danse, avec quelques-unes des grandes figures internationales telles que Sasha Waltz (avec une semaine qui lui est consacrée) et la nouvelle création d’Anne Teresa De Keersmaeker avec Jérôme Bel, deux projets en liens étroits avec la musique. Elles alternent avec des chorégraphes à la personnalité singulière comme Eszter Salamon, Juan Kruz, Christian Rizzo (création à l’Opéra) ou François Verret qui viennent bousculer nos habitudes de représentations et ouvrent la voie à de nouveaux univers. Chaque saison, l’Opéra met en perspective cette jeune création avec une pièce de référence de l’histoire de la danse contemporaine. C’est une œuvre légendaire qui est présentée cette année, Giselle de Mats Ek, avec l’exceptionnel Ballet de l’Opéra de Lyon.

Autre création importante de cette saison : une commande de l’Opéra de Lille au compositeur Riccardo Nova pour Ictus et des musiciens traditionnels indiens, qui sera suivie d’une deuxième partie avec Fabrizio Cassol et Aka Moon. Cette soirée, intitulée Karnatics, s’annonce détonante ! Il s’agit de l’un des nombreux concerts proposés dans la Grande Salle ou dans le Foyer avec une programmation variée : ensembles en résidence (Le Concert d’Astée et Ictus), grandes voix, ensembles de musique de chambre, musiques du monde et création musicale.

Des chefs-d’œuvre de l’opéra baroque à la création chorégraphique et musicale, l’Opéra prend le pari de l’ouverture artistique en lien avec un public diversifié. Malgré un taux de remplissage presque maximum la saison dernière de 92 %, l’Opéra déploie un important programme d’actions pour accueillir ceux dont le mode de vie et les moyens sont un frein à leur venue. De nouvelles initiatives sont créées chaque année : pour les tarifs, après l’abonnement « Place(s) aux jeunes » pour les – de 26 ans, l’Opéra lance un abonnement pour les 12-16 ans (et leurs parents) ; un dispositif d’audio-description pour les opéras est proposé aux mal-voyants, des Bus-Opéra s’adressent à de nouveaux publics, et un accompagnement est mis en place chaque saison pour environ 20 centres sociaux et 70 établissements scolaires de toute la région.

Par Guy Le Flécher
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Jeudi 28 mai 2009
Je voudrais aujourd’hui régler, définitivement, l’épineux problème de la montée dans un train. Je crois pouvoir me vanter de dénouer, en une poignée de lignes, expertise à l’appui, cet ancestral casse-tête : comment monter dans un wagon ? quand ? et dans quelle conditions ?  Je m’y colle aussi sec (le temps de faire sécher la colle).

Premier principe à retenir, pour éviter les sempiternelles bousculades à l’arrêt du train en gare : le train ne repartira certainement pas avant que tous les voyageurs qui le souhaitent en soient descendus, pas non plus avant que tous soient montés ! il est donc inutile de s’agglutiner à la portière pour être le premier à monter, il suffit d’attendre tranquillement que tout le monde soit effectivement descendu.
De surcroît, les places étant numérotées dans le TGV, vous ne gagnez rien à monter le premier : votre place attitrée ne risque pas de s’envoler, il est donc parfaitement vain de jouer des coudes e des épaules à la montée. Corollaire : il est absurde de pester contre la vieille dame qui hisse péniblement ses deux valises. Il n’y a aucun péril en la demeure, le train ne partira pas sans elle, il faudra donc, vaille que vaille, que cette dame finisse de monter, après ou avant vous, peu importe ! La tuer, même, ne vous ferait pas gagner cinq secondes…

Seconde règle à mémoriser : le couloir central des voitures est étroit, il faut s’efforcer, autant que chemin de fer se peut, de ne pas l’obstruer longuement. Lorsque vous atteignez votre place (celle qui ne s’envole pas), glissez vous un instant entre les fauteuils pour laisser vos prochains accéder à leurs places respectives…, vous terminerez votre petite installation personnelle complexe (faut que je sorte mon journal du sac, et mes lunettes de l’étui qui est dans la poche de la veste…), un peu plus tard, quand tous les voyageurs que vous avez précédés auront pu monter et que le train aura par conséquent pu partir, avec vous dedans. Prendre le train ne veut pas dire se l'accaparer !

Troisième, et momentanément, dernier précepte : les lois de la montée dans le train ne peuvent s’exprimer convenablement en moins de vingt mille mots. Pour une information exhaustive, consultez le site
« jecessedestressercommeunblaireau.com », et « jemontecommeilfautdansletrain.com », accès gratuit, places numérotées. Pour réussir votre arrivée, « jedescendsintelligemmentdutrain.com » peut vous être utile.

Enfin, je vous invite à réfléchir au fait que peu de gens sont descendus du train sans jamais y être montés auparavant. Exception faite des enfants nés dans un train. Mais l’expression « ma femme est en train d’accoucher » ne signifie pas que votre femme accouche dans le train, ni davantage par le train, mais ceci est une autre histoire.




Par Guy Le Flécher
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Mercredi 27 mai 2009
Combien de calories ? Le sucre, c’est un peu l’inconnu du noir express. « Pardon, je pourrais avoir un autre sucre ? », je quémande auprès du barman qui, aussitôt, me balance un œil plus noir que mon café. Quelle betterave je fais à réclamer comme ça ! C’est vrai, quoi, je n’ai qu’à plonger la main dans le sucrier sur le comptoir sans rien dire. Plus diabète, tu meurs… Que voulez-vous : pour moi, le sucre, c’est un peu le sel de la vie. Le sucre est sacré, car le sacre du sucre nous consacre. Je veux rappeler par là que le sucre est à la fois essentiel à notre santé et qu’il la menace.

Au fond, trois choses essentielles à la vie nous conduisent à la mort : le sel nous tend, le gras nous détend, le sucre nous étend. Une combinaison des trois allie hypertension, cholestérol et diabète. Il faudrait qu’on nous sucre un peu le sucre, histoire de moins sucrer les fraises. On est tous sous la menace de la fée insuline. On ne devrait plus faire de canard. Chers sucres d’orge, dites non au pouvoir sucrant. Sucrettes et sucrage nous gonfle le glucose (toujours !) Le sucre, c’est le lucre. Vive les associations sans but sucratif ! A bas l’appât du sucre ! Et comme disent les philosophes Sucrate et Ali (qui ne l’aura pas dans le baba) : aspartame, ouvre-toi !

Le kawa, le jus, le p’tit noir, pris au comptoir ou en salle, s’accompagne désormais d’un morceau de chocolat. Ca ne remonte pas aux calendes aztèques. C’est une habitude de nos voisins belges vite adoptée de ce côté-ci de la frontière. Une différence : la Belgique se complaît dans l’ultra doux et le crémeux, alors que nous, en France, nous défendons surtout le chocolat noir. L’amer qu’on voit danser le long des gorges claires, c’est ici. On peut donc pousser notre cocorico tricolore : c’est toujours la poule qui chante qui fait l’œuf en chocolat. Il faudra s’en souvenir à Pâques pour ne pas paraître trop cloche.

Conclusion un peu rapide mais bien pralinée : une vie sans chocolat est une vie sans ganache ! On le boit, on le croque, on le suce, on le déguste. Une grosse fève et… la température monte ! Certains, dont l’héroïsme hépatique ne résiste pas à la gourmandise, n’hésitent pas à dire qu’ils n’ont pas les foies lorsqu’ils engloutissent des quantités et des quantités de pépites. Ce damné chocolat serait bon pour les rachitiques, les mous de l’estomac, les mous tout courts et les stressés – sans parler de ceux dont l’haleine représente un danger pour la couche d’ozone. A eux les spécialités à la menthe. Notez-le sur vos tablettes, c’est un ami cruciverbiste qui me le souffle : le fruit du cacaoyer s’appelle la cabosse. On la roule un peu et c’est la fée du logis. Pardon, la fée du palais.





Par Guy Le Flécher
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Mardi 19 mai 2009
Il faut d’abord observer l’accordéoniste qui s’assoit, cale sa boîte à musique sur les genoux, tend l’oreille, bat la semelle : tout un cérémonial lié à l’instrument qui oblige au silence, au silence suspendu comme il en existe sur les portées musicales, qui indique que les notes qui vont suivre, la mélodie qui va se dessiner là, sous nos yeux, est de prime importance. Le musicien penche légèrement la tête, ses doigts affleurent les touches. Il peut tirer sur l’instrument, lui donner vie. Que la fête commence !

La guitare électrique l’avait mis au placard. Il a pris sa revanche. L’accordéon s’est offert une résurrection en force, avec son festival de Wazemmes qui commence cette semaine. On croyait l’instrument ringard, on le découvre furieusement tendance. Hier, « le piano à bretelles » comme on l’appelle aussi, symbolisait tout ce que le goût moderne voulait fuir : le bal à papa et le rythme à trois temps, moins urgents que les balades rock et les refrains anglo-saxons. Aujourd’hui, c’est reviens, Poupoule !

L’accordéon est à la mode, il inspire rockers, jazzmen et compositeurs d’avant-garde. Dans l'enceinte de la maison Folie Wazemmes (70 rue des Sarrazins), dans d'autres salles, et encore en plein air ou sous chapiteau, ce sont quelques bons moments festifs qui s'annoncent placés sous le signe de la jeunesse. Ainsi, Thibaut Dille, un bruxellois de 22 ans : le voilà promis à un bel avenir. Ce sera la vedette du festival. Il est déjà l'accordéoniste du groupe maison Wazlax, mais aussi le partenaire d'Alexis (guitare), dans le duo Thérain-Dille , produit par l’équipe du festival et dont le 1er album sort le 20 mai. C’est lui également qui jouera avec les africains du Sabar sénégalais de Ch'ti Teranga le 21 mai. Lui enfin qui est le matador, pardon, « l'accordéador » de l'affiche que l’on voit un peu partout dans Lille !

Les 20 000 spectateurs attendus tout au long du festival apprécieront la création pour 25 accordéonistes polonais donnée devant l'Opéra de Lille le 23 mai, Lo'Jo et René Lacaille le même jour, Jean-Jacques Milteau le 28 mai ou bien encore l'Orchestre National de Barbès le 29. Prévue également une « Tournée des Bistrots », de la musique dans une douzaine de bar de Wazemmes pour une programmation synchrone avec le grand bal gratuit du 30 mai qui attire plus de 3000 personnes à lui tout seul ! Wazemmes l'Accordéon, découvreur de talents, accueille l'étonnante Zaza Fournier le 26 mai et, pour la première fois, organise un tremplin le 31, destiné aux groupes célébrant l'accordéon à travers leur répertoire.

Une programmation riche et éclectique qui n'éclipsera pas les rendez-vous traditionnels que sont la « Caravane Vanne » (fameuse randonnée de cyclotouristes entre Lille et Tournai ponctuée par un pique-nique au poste frontière de Baisieux), « la Waz Pétanque Cup », incontournable concours de pétanque. Avec en point d'orgue du festival : « Tarentelle », spectacle de Marie-Laure Cazin présenté au Fresnoy de Tourcoing. En mai, on enfile les bretelles !
Par Guy Le Flécher
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Vendredi 24 avril 2009

Ce qui est bien en ce moment, c’est que les jours rallongent et qu’on se rapproche du 1er mai, quand Wazemmes met la table pour « La Louche d’or » Ce désormais célèbre festival des soupes, copié mais jamais égalé, déborde largement du quartier et se développe ailleurs, en France mais aussi à l’étranger, notamment en Espagne (Barcelone) et en Italie (Bologne) dans le cadre d’un réseau créé par l’association lilloise Attacafa pour qui « SOUPE » est, depuis 2007, l’acronyme de « Symbole d’Ouverture et d’Union des Peuples Européens ». Avec pour (belle) devise) : donner, recevoir, rendre, triple source de rencontre, de convivialité et d’humanité.

Plus d’une centaine de « soupiers » (ou faiseurs de soupes) et autant d’artistes venus de partout, animeront le festival. Les dégustations se feront dans une « écocup » (un gobelet consigné), au son de musiques et de contes, de 15 h à minuit. Deux nouveautés pour cette 9ème édition de « La Louche d’or » : la place de la Nouvelle-Aventure sera entièrement réservée aux enfants et le festival tournera autour de la thématique de l’eau, « source de vie mais aussi de conflits »

Oui, c’est un bien joli mot, la soupe. Le plat qui tient chaud, le plat qui fait grandir, le plat le plus populaire et le plus universel. A vos bols, les amis ! Goûtez cette soupe aux légumes que le velouté étouffe de ses caresses. Ce fenouil qui joue les chefs de troupe, cette horde tomateuse qui emballe la langue. Une soupe de poissons, et c’est toute la mer que l’on boit ! Sans oublier le gaspacho, l’esperanto de la soupe avec tomates, piments, concombres, ail, touillés à l’huile d’olive : les proportions restent à débattre mais le listing tient la route. Toutes ces soupes excitantes renversent en plaisir l’ancienne terreur du « mange ta soupe d’abord ! » A déguster donc à pleines assiettes.

Nous exigeons de la soupe ! Et pas n’importe quelle soupe. Pas le rata de régiment qu’on mangeait au clairon, pas la soupe du réfectoire qu’on recrachait en douce. Oui à la soupe à l’oignon, la soupe dévergondée des noceurs en fin de java, saupoudrée de confettis. Oui à la bonne vieille soupe à l’ancienne qui calme tous les soupe-au-lait. Oui, le potage est un neuroleptique bio ! Nostalgie de la soupière fumante, de la louche qui remplissait équitablement les assiettes. Aller à la soupe ne veut plus dire manger à tous les râteliers, mais retourner à la chaleur et à la simplicité de l’enfance. « Mange ta soupe si tu veux devenir grand ! », disait-on autrefois aux enfants. Aujourd’hui, on la mange pour redevenir un enfant.
Par Guy Le Flécher
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Mercredi 22 avril 2009
Avez-vous déjà ouvert vos fenêtres un beau matin en lançant vers le ciel un soupir heureux : “Cette reprise du CAC 40, ma chérie, c’est que du bonheur !” Et elle, bondissant en peignoir de la salle de bains : “Waouh ! ça résiste fort dans un marché qui va encore rester nerveux quelque temps !

Avez-vous déjà entendu deux ménagères de moins de 50 ans se congratuler à la boulangerie d’un : “C’est une belle journée, madame Durand, le Dow Jones est à la baisse !” “Oui, d’autant, madame Dupont, que le Matif ouvre en hausse et que le CAC 40 résiste bien !” Et la vendeuse d’ajouter : “Et dire qu’hier le dollar s’échangeait encore à 105, 61 yens !”

Si tout cela n’a pas vraiment été l’objet de toutes les conversations, il n’en est pas de même de la crise. Ah ! la crise ! Paraît que le pire serait encore à venir… même si le pire a déjà commencé. Tout est allé tellement vite. Banques fragiles, entreprises fébriles, prévisions alarmistes, Bourses plongeuses. Dégringolade, remontée, mouvements de yo-yo. Déficit. Morosité. Restrictions. Récession annoncée. Régime jockey pour le bon peuple. Tour de vis. Finance, année zéro. Krach-bulle-hue ! Pas gai tout cela. Donc la crise. Des pertes de Kerviel à celles de Madoff, de la crise financière à la récession, arrêt  sur dommages :  un champ de ruines.

A perte de vue, ce ne sont que patrons lâchés sans parachute du quarantième étage de leur tour ; traders traduits en justice ; assureurs ayant perdu leur assurance ; financiers sans finances ; analystes incapables d’analyser ; gros cigares qu’on n’allume plus. Les enseignes s’éteignent, les sièges (sociaux) vacillent, les administrateurs ont les jetons. Pas fous, les golden boys, pauvres chéris cousus d’or, s’abritent de l’orage, n’abjurant rien, prêts à en recroquer dès que la météo de la finance-casino se fera plus clémente, ayant toujours foi dans les lendemains qui chantent l’argent pas cher.

Le bizness boursier n’est pas fait pour les premiers communiants. Leur job ? Un jeu de stratégie qui mélange réflexion politique, sniff d’air du temps et gestion du hasard.  Reste que tout donneur d’ordre qui cherche à voir son pécule fructifier, se fait complice implicite des licenciements et du maintien des paradis fiscaux. Donc, 2008 a été un festival – gore - d’implosions de banques ou d’assureurs, de perfusions de gouvernements ou de banques centrales. Un florilège – crade – de l’arrière cuisine du turbolibéralisme : cupidité et rapacité.

Ah, ce cru 2008… Vraiment historique. Il marque, pour ceux qui y croyaient encore la fin d’une illusion. Celle du mythe de l’autorégulation du capitalisme. Fin de l’illusion d’un contrôle des conseils d’administration, des agences de notation, des gendarmes boursiers. Vertige des dollars, vestige d’un monde. Le bateau ivre planétaire se cherche un cap. Il lui manque une boussole.


Par Guy Le Flécher
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Lundi 16 mars 2009
Tout a commencé le 14 mars ! Après avoir découvert les cultures du monde en 2004 et exploré l’Inde en 2006, nous voilà donc  joyeusement invités à la découverte d’un nouveau continent, le nôtre, que souvent, admettons-le, nous connaissons peu, voire mal.

Quatre mois d’aventure globale, via cinq fuseaux horaires ! Voyage à travers les frontières invisibles ! « L’Europe XXL », à l’honneur de la nouvelle édition de lille3000, ne se limite pas à l’Union Européenne : au-delà des pays fondateurs, de ceux qui y sont entrés, il y a aussi ceux qui y viendront plus tard ou qui, peut être, n’y entreront jamais, comme la Turquie, et avec lesquels on a oublié que nous partagions des racines culturelles fortes. Ah ! cet Istanbul à… facettes,  magiques, surprenantes !

Europe XXL : une bien belle manière  de nous ouvrir aux autres, de  ne pas céder au repli sur soi ou à la méfiance ! Donc, d’ici 12 juillet prochain, nous traverserons l’Europe centrale et orientale. Multiples occasions de rencontres d’artistes de talent nous parlant d’Europe avec un humour grinçant et une finesse étonnante. De belles escales dans des capitales européennes d’une modernité incroyable…

La traversée inédite d’un nouveau continent, celui d’une Europe transfigurée, 20 ans après la chute du mur de Berlin, au gré de grandes expositions, de week-ends survitaminés, de spectacles surprenants, de fêtes, de métamorphoses, de mode, de cuisine, de littérature et de nouveaux lieux où s’arrêter vivre, comme la gare Saint-Sauveur.

L’Est passe à Lille et Lille se met à l’heure du nouvel Est. Tout cela au rythme de plusieurs centaines de manifestations à travers les villes de l’Eurométropole, du Nord et de la région. De nombreux partenaires institutionnels et privés s’engagent dans cette aventure, voulant ainsi, porter haut notre territoire.

Au regard  de la programmation,  il y aura de la joie et des émotions pour tous. C’est sûr, on en connaît les organisateurs ! Avec plaisir, on retrouve la plupart des ingrédients qui ont fait le succès de Lille 2004 et de
« Bombaysers » : des choses à voir, à entendre, à goûter, à sentir, à lire ou encore à vivre partout dans nos villes, et, bien sûr de grands moments de fête. Avec pour cette édition, un accent particulier mis sur les rencontres et les débats au cours desquels chacun pourra réfléchir au sens et à l’avenir de l’Europe, au message humaniste qu’elle peut (et doit) encore porter dans le monde.
 
Car lille3000 n’a pas vocation à nous détourner de la réalité, particulièrement difficile en cette période de crise qui touche notre monde de plein fouet. Bien au contraire, lille3000 nous confronte aux sociétés contemporaines, à leurs contradictions, à leur dérive, à leurs enjeux. Un souhait : qu’au cours de ces quatre prochains mois, nous refassions confiance à l’Europe, que nous levions certains préjugés, que nous réfléchissions. Peut-être alors, pourrons-nous mieux construire ensemble notre Europe…




Par Guy Le Flécher
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Mercredi 18 février 2009

Journées. Journée des femmes, des droits de l’homme, de la francophonie, de la mémoire, du polar, de l’Europe. Journée nationale de la greffe, journée mondiale du livre. Journée sans achats, sans tabac, sans portable, sans voiture, sans télévision. Pourquoi pas sans papier, sans abri, sans mémoire ? Pourquoi pas une journée en enfer ? Pourquoi tant de journées sans toi ?

Fêtes. Fête de la musique, de l’Internet, des sciences, des voisins, des pères, des mères, des grands-mères. Pourquoi pas des grands-pères, des oncles à la mode de Bretagne, des frères, des sœurs, des faux frères, des demi-sœurs ?  Et pourquoi personne ne proteste ? Fête du pain, du vin, du boursin, de l’ail, des cerises, des framboises, du citron, du travail, du cidre, de la bière. Fête populaire, citoyenne, aérienne, foraine. Fête au village, fête de l’école, de la lumière, du cinéma, de l’image, du son, de la crevette, de la fierté végétarienne et végétalienne, des rois, des morts, des sens, fête à Lomme, faites vos jeux.

Semaines. Semaine du goût, du dégoût, du développement durable, de la solidarité internationale, de la publicité, de la poésie, des animaux. Semaine des quatre jeudis, celle-là qu’on attend toujours.

Mois. Mois du blanc, mois des arbres et des forêts, mois de l’Internet en Nord Pas de Calais. Mois de Marie, mois du ramadan, mois de la photo.

Nuits. Nuit des étoiles, nuit de la glisse, nuit blanche, nuit de Noël, nuit rose, nuit de la chouette. Nuit d’amour, nuits de mars, nuit des morts-vivants, nuit américaine. Nuit blanche. Nuit sans sommeil, nuit sans réveil, nuit où tout le monde ferait le même rêve…
Par Guy Le Flécher
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