Jeudi 28 mai 2009
Je voudrais aujourd’hui régler, définitivement, l’épineux problème de la montée dans un train. Je crois pouvoir me vanter de dénouer, en une poignée de lignes, expertise à l’appui, cet ancestral casse-tête : comment monter dans un wagon ? quand ? et dans quelle conditions ?  Je m’y colle aussi sec (le temps de faire sécher la colle).

Premier principe à retenir, pour éviter les sempiternelles bousculades à l’arrêt du train en gare : le train ne repartira certainement pas avant que tous les voyageurs qui le souhaitent en soient descendus, pas non plus avant que tous soient montés ! il est donc inutile de s’agglutiner à la portière pour être le premier à monter, il suffit d’attendre tranquillement que tout le monde soit effectivement descendu.
De surcroît, les places étant numérotées dans le TGV, vous ne gagnez rien à monter le premier : votre place attitrée ne risque pas de s’envoler, il est donc parfaitement vain de jouer des coudes e des épaules à la montée. Corollaire : il est absurde de pester contre la vieille dame qui hisse péniblement ses deux valises. Il n’y a aucun péril en la demeure, le train ne partira pas sans elle, il faudra donc, vaille que vaille, que cette dame finisse de monter, après ou avant vous, peu importe ! La tuer, même, ne vous ferait pas gagner cinq secondes…

Seconde règle à mémoriser : le couloir central des voitures est étroit, il faut s’efforcer, autant que chemin de fer se peut, de ne pas l’obstruer longuement. Lorsque vous atteignez votre place (celle qui ne s’envole pas), glissez vous un instant entre les fauteuils pour laisser vos prochains accéder à leurs places respectives…, vous terminerez votre petite installation personnelle complexe (faut que je sorte mon journal du sac, et mes lunettes de l’étui qui est dans la poche de la veste…), un peu plus tard, quand tous les voyageurs que vous avez précédés auront pu monter et que le train aura par conséquent pu partir, avec vous dedans. Prendre le train ne veut pas dire se l'accaparer !

Troisième, et momentanément, dernier précepte : les lois de la montée dans le train ne peuvent s’exprimer convenablement en moins de vingt mille mots. Pour une information exhaustive, consultez le site
« jecessedestressercommeunblaireau.com », et « jemontecommeilfautdansletrain.com », accès gratuit, places numérotées. Pour réussir votre arrivée, « jedescendsintelligemmentdutrain.com » peut vous être utile.

Enfin, je vous invite à réfléchir au fait que peu de gens sont descendus du train sans jamais y être montés auparavant. Exception faite des enfants nés dans un train. Mais l’expression « ma femme est en train d’accoucher » ne signifie pas que votre femme accouche dans le train, ni davantage par le train, mais ceci est une autre histoire.




Par Guy Le Flécher
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Mercredi 27 mai 2009
Combien de calories ? Le sucre, c’est un peu l’inconnu du noir express. « Pardon, je pourrais avoir un autre sucre ? », je quémande auprès du barman qui, aussitôt, me balance un œil plus noir que mon café. Quelle betterave je fais à réclamer comme ça ! C’est vrai, quoi, je n’ai qu’à plonger la main dans le sucrier sur le comptoir sans rien dire. Plus diabète, tu meurs… Que voulez-vous : pour moi, le sucre, c’est un peu le sel de la vie. Le sucre est sacré, car le sacre du sucre nous consacre. Je veux rappeler par là que le sucre est à la fois essentiel à notre santé et qu’il la menace.

Au fond, trois choses essentielles à la vie nous conduisent à la mort : le sel nous tend, le gras nous détend, le sucre nous étend. Une combinaison des trois allie hypertension, cholestérol et diabète. Il faudrait qu’on nous sucre un peu le sucre, histoire de moins sucrer les fraises. On est tous sous la menace de la fée insuline. On ne devrait plus faire de canard. Chers sucres d’orge, dites non au pouvoir sucrant. Sucrettes et sucrage nous gonfle le glucose (toujours !) Le sucre, c’est le lucre. Vive les associations sans but sucratif ! A bas l’appât du sucre ! Et comme disent les philosophes Sucrate et Ali (qui ne l’aura pas dans le baba) : aspartame, ouvre-toi !

Le kawa, le jus, le p’tit noir, pris au comptoir ou en salle, s’accompagne désormais d’un morceau de chocolat. Ca ne remonte pas aux calendes aztèques. C’est une habitude de nos voisins belges vite adoptée de ce côté-ci de la frontière. Une différence : la Belgique se complaît dans l’ultra doux et le crémeux, alors que nous, en France, nous défendons surtout le chocolat noir. L’amer qu’on voit danser le long des gorges claires, c’est ici. On peut donc pousser notre cocorico tricolore : c’est toujours la poule qui chante qui fait l’œuf en chocolat. Il faudra s’en souvenir à Pâques pour ne pas paraître trop cloche.

Conclusion un peu rapide mais bien pralinée : une vie sans chocolat est une vie sans ganache ! On le boit, on le croque, on le suce, on le déguste. Une grosse fève et… la température monte ! Certains, dont l’héroïsme hépatique ne résiste pas à la gourmandise, n’hésitent pas à dire qu’ils n’ont pas les foies lorsqu’ils engloutissent des quantités et des quantités de pépites. Ce damné chocolat serait bon pour les rachitiques, les mous de l’estomac, les mous tout courts et les stressés – sans parler de ceux dont l’haleine représente un danger pour la couche d’ozone. A eux les spécialités à la menthe. Notez-le sur vos tablettes, c’est un ami cruciverbiste qui me le souffle : le fruit du cacaoyer s’appelle la cabosse. On la roule un peu et c’est la fée du logis. Pardon, la fée du palais.





Par Guy Le Flécher
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Mardi 19 mai 2009
Il faut d’abord observer l’accordéoniste qui s’assoit, cale sa boîte à musique sur les genoux, tend l’oreille, bat la semelle : tout un cérémonial lié à l’instrument qui oblige au silence, au silence suspendu comme il en existe sur les portées musicales, qui indique que les notes qui vont suivre, la mélodie qui va se dessiner là, sous nos yeux, est de prime importance. Le musicien penche légèrement la tête, ses doigts affleurent les touches. Il peut tirer sur l’instrument, lui donner vie. Que la fête commence !

La guitare électrique l’avait mis au placard. Il a pris sa revanche. L’accordéon s’est offert une résurrection en force, avec son festival de Wazemmes qui commence cette semaine. On croyait l’instrument ringard, on le découvre furieusement tendance. Hier, « le piano à bretelles » comme on l’appelle aussi, symbolisait tout ce que le goût moderne voulait fuir : le bal à papa et le rythme à trois temps, moins urgents que les balades rock et les refrains anglo-saxons. Aujourd’hui, c’est reviens, Poupoule !

L’accordéon est à la mode, il inspire rockers, jazzmen et compositeurs d’avant-garde. Dans l'enceinte de la maison Folie Wazemmes (70 rue des Sarrazins), dans d'autres salles, et encore en plein air ou sous chapiteau, ce sont quelques bons moments festifs qui s'annoncent placés sous le signe de la jeunesse. Ainsi, Thibaut Dille, un bruxellois de 22 ans : le voilà promis à un bel avenir. Ce sera la vedette du festival. Il est déjà l'accordéoniste du groupe maison Wazlax, mais aussi le partenaire d'Alexis (guitare), dans le duo Thérain-Dille , produit par l’équipe du festival et dont le 1er album sort le 20 mai. C’est lui également qui jouera avec les africains du Sabar sénégalais de Ch'ti Teranga le 21 mai. Lui enfin qui est le matador, pardon, « l'accordéador » de l'affiche que l’on voit un peu partout dans Lille !

Les 20 000 spectateurs attendus tout au long du festival apprécieront la création pour 25 accordéonistes polonais donnée devant l'Opéra de Lille le 23 mai, Lo'Jo et René Lacaille le même jour, Jean-Jacques Milteau le 28 mai ou bien encore l'Orchestre National de Barbès le 29. Prévue également une « Tournée des Bistrots », de la musique dans une douzaine de bar de Wazemmes pour une programmation synchrone avec le grand bal gratuit du 30 mai qui attire plus de 3000 personnes à lui tout seul ! Wazemmes l'Accordéon, découvreur de talents, accueille l'étonnante Zaza Fournier le 26 mai et, pour la première fois, organise un tremplin le 31, destiné aux groupes célébrant l'accordéon à travers leur répertoire.

Une programmation riche et éclectique qui n'éclipsera pas les rendez-vous traditionnels que sont la « Caravane Vanne » (fameuse randonnée de cyclotouristes entre Lille et Tournai ponctuée par un pique-nique au poste frontière de Baisieux), « la Waz Pétanque Cup », incontournable concours de pétanque. Avec en point d'orgue du festival : « Tarentelle », spectacle de Marie-Laure Cazin présenté au Fresnoy de Tourcoing. En mai, on enfile les bretelles !
Par Guy Le Flécher
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Vendredi 24 avril 2009

Ce qui est bien en ce moment, c’est que les jours rallongent et qu’on se rapproche du 1er mai, quand Wazemmes met la table pour « La Louche d’or » Ce désormais célèbre festival des soupes, copié mais jamais égalé, déborde largement du quartier et se développe ailleurs, en France mais aussi à l’étranger, notamment en Espagne (Barcelone) et en Italie (Bologne) dans le cadre d’un réseau créé par l’association lilloise Attacafa pour qui « SOUPE » est, depuis 2007, l’acronyme de « Symbole d’Ouverture et d’Union des Peuples Européens ». Avec pour (belle) devise) : donner, recevoir, rendre, triple source de rencontre, de convivialité et d’humanité.

Plus d’une centaine de « soupiers » (ou faiseurs de soupes) et autant d’artistes venus de partout, animeront le festival. Les dégustations se feront dans une « écocup » (un gobelet consigné), au son de musiques et de contes, de 15 h à minuit. Deux nouveautés pour cette 9ème édition de « La Louche d’or » : la place de la Nouvelle-Aventure sera entièrement réservée aux enfants et le festival tournera autour de la thématique de l’eau, « source de vie mais aussi de conflits »

Oui, c’est un bien joli mot, la soupe. Le plat qui tient chaud, le plat qui fait grandir, le plat le plus populaire et le plus universel. A vos bols, les amis ! Goûtez cette soupe aux légumes que le velouté étouffe de ses caresses. Ce fenouil qui joue les chefs de troupe, cette horde tomateuse qui emballe la langue. Une soupe de poissons, et c’est toute la mer que l’on boit ! Sans oublier le gaspacho, l’esperanto de la soupe avec tomates, piments, concombres, ail, touillés à l’huile d’olive : les proportions restent à débattre mais le listing tient la route. Toutes ces soupes excitantes renversent en plaisir l’ancienne terreur du « mange ta soupe d’abord ! » A déguster donc à pleines assiettes.

Nous exigeons de la soupe ! Et pas n’importe quelle soupe. Pas le rata de régiment qu’on mangeait au clairon, pas la soupe du réfectoire qu’on recrachait en douce. Oui à la soupe à l’oignon, la soupe dévergondée des noceurs en fin de java, saupoudrée de confettis. Oui à la bonne vieille soupe à l’ancienne qui calme tous les soupe-au-lait. Oui, le potage est un neuroleptique bio ! Nostalgie de la soupière fumante, de la louche qui remplissait équitablement les assiettes. Aller à la soupe ne veut plus dire manger à tous les râteliers, mais retourner à la chaleur et à la simplicité de l’enfance. « Mange ta soupe si tu veux devenir grand ! », disait-on autrefois aux enfants. Aujourd’hui, on la mange pour redevenir un enfant.
Par Guy Le Flécher
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Mercredi 22 avril 2009
Avez-vous déjà ouvert vos fenêtres un beau matin en lançant vers le ciel un soupir heureux : “Cette reprise du CAC 40, ma chérie, c’est que du bonheur !” Et elle, bondissant en peignoir de la salle de bains : “Waouh ! ça résiste fort dans un marché qui va encore rester nerveux quelque temps !

Avez-vous déjà entendu deux ménagères de moins de 50 ans se congratuler à la boulangerie d’un : “C’est une belle journée, madame Durand, le Dow Jones est à la baisse !” “Oui, d’autant, madame Dupont, que le Matif ouvre en hausse et que le CAC 40 résiste bien !” Et la vendeuse d’ajouter : “Et dire qu’hier le dollar s’échangeait encore à 105, 61 yens !”

Si tout cela n’a pas vraiment été l’objet de toutes les conversations, il n’en est pas de même de la crise. Ah ! la crise ! Paraît que le pire serait encore à venir… même si le pire a déjà commencé. Tout est allé tellement vite. Banques fragiles, entreprises fébriles, prévisions alarmistes, Bourses plongeuses. Dégringolade, remontée, mouvements de yo-yo. Déficit. Morosité. Restrictions. Récession annoncée. Régime jockey pour le bon peuple. Tour de vis. Finance, année zéro. Krach-bulle-hue ! Pas gai tout cela. Donc la crise. Des pertes de Kerviel à celles de Madoff, de la crise financière à la récession, arrêt  sur dommages :  un champ de ruines.

A perte de vue, ce ne sont que patrons lâchés sans parachute du quarantième étage de leur tour ; traders traduits en justice ; assureurs ayant perdu leur assurance ; financiers sans finances ; analystes incapables d’analyser ; gros cigares qu’on n’allume plus. Les enseignes s’éteignent, les sièges (sociaux) vacillent, les administrateurs ont les jetons. Pas fous, les golden boys, pauvres chéris cousus d’or, s’abritent de l’orage, n’abjurant rien, prêts à en recroquer dès que la météo de la finance-casino se fera plus clémente, ayant toujours foi dans les lendemains qui chantent l’argent pas cher.

Le bizness boursier n’est pas fait pour les premiers communiants. Leur job ? Un jeu de stratégie qui mélange réflexion politique, sniff d’air du temps et gestion du hasard.  Reste que tout donneur d’ordre qui cherche à voir son pécule fructifier, se fait complice implicite des licenciements et du maintien des paradis fiscaux. Donc, 2008 a été un festival – gore - d’implosions de banques ou d’assureurs, de perfusions de gouvernements ou de banques centrales. Un florilège – crade – de l’arrière cuisine du turbolibéralisme : cupidité et rapacité.

Ah, ce cru 2008… Vraiment historique. Il marque, pour ceux qui y croyaient encore la fin d’une illusion. Celle du mythe de l’autorégulation du capitalisme. Fin de l’illusion d’un contrôle des conseils d’administration, des agences de notation, des gendarmes boursiers. Vertige des dollars, vestige d’un monde. Le bateau ivre planétaire se cherche un cap. Il lui manque une boussole.


Par Guy Le Flécher
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Lundi 16 mars 2009
Tout a commencé le 14 mars ! Après avoir découvert les cultures du monde en 2004 et exploré l’Inde en 2006, nous voilà donc  joyeusement invités à la découverte d’un nouveau continent, le nôtre, que souvent, admettons-le, nous connaissons peu, voire mal.

Quatre mois d’aventure globale, via cinq fuseaux horaires ! Voyage à travers les frontières invisibles ! « L’Europe XXL », à l’honneur de la nouvelle édition de lille3000, ne se limite pas à l’Union Européenne : au-delà des pays fondateurs, de ceux qui y sont entrés, il y a aussi ceux qui y viendront plus tard ou qui, peut être, n’y entreront jamais, comme la Turquie, et avec lesquels on a oublié que nous partagions des racines culturelles fortes. Ah ! cet Istanbul à… facettes,  magiques, surprenantes !

Europe XXL : une bien belle manière  de nous ouvrir aux autres, de  ne pas céder au repli sur soi ou à la méfiance ! Donc, d’ici 12 juillet prochain, nous traverserons l’Europe centrale et orientale. Multiples occasions de rencontres d’artistes de talent nous parlant d’Europe avec un humour grinçant et une finesse étonnante. De belles escales dans des capitales européennes d’une modernité incroyable…

La traversée inédite d’un nouveau continent, celui d’une Europe transfigurée, 20 ans après la chute du mur de Berlin, au gré de grandes expositions, de week-ends survitaminés, de spectacles surprenants, de fêtes, de métamorphoses, de mode, de cuisine, de littérature et de nouveaux lieux où s’arrêter vivre, comme la gare Saint-Sauveur.

L’Est passe à Lille et Lille se met à l’heure du nouvel Est. Tout cela au rythme de plusieurs centaines de manifestations à travers les villes de l’Eurométropole, du Nord et de la région. De nombreux partenaires institutionnels et privés s’engagent dans cette aventure, voulant ainsi, porter haut notre territoire.

Au regard  de la programmation,  il y aura de la joie et des émotions pour tous. C’est sûr, on en connaît les organisateurs ! Avec plaisir, on retrouve la plupart des ingrédients qui ont fait le succès de Lille 2004 et de
« Bombaysers » : des choses à voir, à entendre, à goûter, à sentir, à lire ou encore à vivre partout dans nos villes, et, bien sûr de grands moments de fête. Avec pour cette édition, un accent particulier mis sur les rencontres et les débats au cours desquels chacun pourra réfléchir au sens et à l’avenir de l’Europe, au message humaniste qu’elle peut (et doit) encore porter dans le monde.
 
Car lille3000 n’a pas vocation à nous détourner de la réalité, particulièrement difficile en cette période de crise qui touche notre monde de plein fouet. Bien au contraire, lille3000 nous confronte aux sociétés contemporaines, à leurs contradictions, à leur dérive, à leurs enjeux. Un souhait : qu’au cours de ces quatre prochains mois, nous refassions confiance à l’Europe, que nous levions certains préjugés, que nous réfléchissions. Peut-être alors, pourrons-nous mieux construire ensemble notre Europe…




Par Guy Le Flécher
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Mercredi 18 février 2009

Journées. Journée des femmes, des droits de l’homme, de la francophonie, de la mémoire, du polar, de l’Europe. Journée nationale de la greffe, journée mondiale du livre. Journée sans achats, sans tabac, sans portable, sans voiture, sans télévision. Pourquoi pas sans papier, sans abri, sans mémoire ? Pourquoi pas une journée en enfer ? Pourquoi tant de journées sans toi ?

Fêtes. Fête de la musique, de l’Internet, des sciences, des voisins, des pères, des mères, des grands-mères. Pourquoi pas des grands-pères, des oncles à la mode de Bretagne, des frères, des sœurs, des faux frères, des demi-sœurs ?  Et pourquoi personne ne proteste ? Fête du pain, du vin, du boursin, de l’ail, des cerises, des framboises, du citron, du travail, du cidre, de la bière. Fête populaire, citoyenne, aérienne, foraine. Fête au village, fête de l’école, de la lumière, du cinéma, de l’image, du son, de la crevette, de la fierté végétarienne et végétalienne, des rois, des morts, des sens, fête à Lomme, faites vos jeux.

Semaines. Semaine du goût, du dégoût, du développement durable, de la solidarité internationale, de la publicité, de la poésie, des animaux. Semaine des quatre jeudis, celle-là qu’on attend toujours.

Mois. Mois du blanc, mois des arbres et des forêts, mois de l’Internet en Nord Pas de Calais. Mois de Marie, mois du ramadan, mois de la photo.

Nuits. Nuit des étoiles, nuit de la glisse, nuit blanche, nuit de Noël, nuit rose, nuit de la chouette. Nuit d’amour, nuits de mars, nuit des morts-vivants, nuit américaine. Nuit blanche. Nuit sans sommeil, nuit sans réveil, nuit où tout le monde ferait le même rêve…
Par Guy Le Flécher
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Mercredi 11 février 2009
Direction Paris, train de 6 h 30. A cette heure, le train est le théâtre d’un phénomène marrant qui ne frappe jamais au hasard. Il choisit ses cibles avec parcimonie, de préférence en première classe, recherchant ces personnages qui impressionnent par leur charisme et autorité naturelle. Le phénomène rôde.
Les lunettes sont encore postées sur le nez, les cravates et les tailleurs sont bien ajustés (car le phénomène n’est pas misogyne), l’œil clair et autoritaire, presque hautain envers les voisins. Puis, soudain, il fait son œuvre sournoisement mais efficacement. Cette dirigeante et ce manager viennent d’en être les premières victimes. Ils étaient intouchables, les voilà maintenant la paupière tombante sur un œil glauque et hagard, le corps incliné à trente degrés sur le fauteuil et la bouche entrouverte béatement. Le prestige s’écroule. Le cadre supérieur dort comme un gros bébé tandis que la belle du matin laisse tomber le masque de l’égérie pour dévoiler l’image d’une femme finalement ordinaire. Mais, déjà, l’annonce sonore de notre arrivée : le phénomène s’évapore. Les deux victimes se ressaisissent brusquement, comme pour faire oublier cette parenthèse.
L’histoire ne dit pas si cette manifestation de « bercement-endormissement » m’a choisi comme complice amusé de son travail ou si, moi aussi, je succombe finalement à son œuvre…
Par Guy Le Flécher
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Mardi 10 février 2009
J'aime Lisbonne et ses collines inspirées. La ville blanche monte et descend. Alors, on grimpe dans le tram 28 à l’assaut des collines de Baixa ou du quartier de l’Alfama. Et on attend son tour pour monter dans l’ascenseur néogothique de Santa Justa qui domine les toits rouges et le Tage bleu, rebaptisé « mer de paille » là où le fleuve s’évase en une baie de 11km de large, port naturel stratégique.

Il faut se laisser porter par la cité, en respirant l’iode et l’odeur de la bica, le café serré, au gré des becos, ces culs-de-sac où flotte le linge en étendard. Puis, admirer les façades d’azulejos des bâtiments romantiques. On entrera volontiers dans les tascas, ces authentiques bistrots populaires où l’on se gave d’escargots ou de sardinas grilhadas pour une poignée d’euros. On dégustera debout, parfois à même le trottoir la ginginha, la liqueur de griottes servie en de petits verres soufflés dans des boutiques étriquées d’à peine 6 mètres carrés. Il faut aussi faire honneur au porc frit aux palourdes et au cozido a portuguesa, délicieux et copieux pot-au-feu.

Avec ces créneaux de pierre blanche, la tour de Belem s’avance sur les flots. Telle une pièce d’échecs posée sur l’eau, avec ses loggias et ses tourelles, loin de l’agitation du centre ville. L’emblème touristique de Lisbonne veille depuis 1515 sur l’embouchure du Tage. Au temps des grandes découvertes, le fleuve a vu s’embarquer les navigateurs qui ont donné à Lisbonne ses heures de gloire. En 1497, Vasco de Gama mit le cap vers l’Inde. La longue façade dentellée du monastère des hiéronymites s’étire à l’endroit où il leva l’ancre. Une profusion de portes sculptées et de cordes, de coraux et de coquillages dessinés dans la roche rend hommage aux explorateurs portuguais.

Aujourd’hui, de la gare Santa Apolonia (au nord est du centre ville) à Alcantarâ, les quais du Tage et ses dockas devenus restaus et clubs branchés , symbolisent le dynamisme d’une capitale en pleine renaissance. Installés dans les anciens entrepôts en forme de maisons aux toits pointus, les cafés étalent leurs terrasses. Leur décor en teck et en faux cocotiers fait face aux bateaux de plaisance. Des flots de musique débordent des hauts parleurs.
Désaffectée, la zone portuaire d’Alcantarâ abrite de gigantesques bars et night clubs. La vue est imprenable sur le Ponte 25 Avril.

Depuis les années 1990, Lisbonne s’est à nouveau tournée vers son fleuve. Et c’est une nouvelle fois sur ses berges que la ville se rénove, exhibant au reste du monde sa jeunesse retrouvée. Pour l’Exposition universelle de 1998, les plus grands architectes aménagèrent 60 hectares en bordure du Tage, devenus le Parque das Naçoes. Des pavillons ultramodernes longent l’eau, survolés par les œufs d’un téléphérique. Au loin se profile le pont Vasco de Gama qui frôle le Tage sur 18 km.

Epicentre de la capitale, et toujours en bord de Tage, la Praça do Commercio s’ouvre à l’emplacement de l’ancienne grève, où l’on débarquait l’or, la soie et les épices. Sous ses arcades se niche le Martinho da Arcada, ce quartier qui date de la reconstruction du quartier de Baixa après le tremblement de terre de 1755. A l’intérieur, la table conservée de son plus illustre client, l’immense écrivain Fernando Passoa. De la place partent les rues tracées au cordeau par le marquis de Pombal.

En levant la tête, on découvre depuis le Rossio, la Praça de Figueira ou la Praça Martim Moniz, le château médiéval Sao Jorge. Ses remparts ocres coiffent toujours la colline d’Alfama, d’où la vue est imprenable. Du sommet dévalent ruelles et passages, flanqués de hautes maisons colorées couvertes d’azulejos. Ce quartier populaire a vu naître le fado. Aujourd’hui, sa réhabilitation en fait l’un des secteurs les plus prisés de la capitale portugaise. Si vous ne deviez faire qu’une seule promenade à pied dans la ville, choisissez l’Alfama, qui révèle le mieux son atmosphère particulière.

Appelés electricos ou transvias, les tramways sont une véritable institution. Ne quittez pas la ville sans avoir pris le n°28 qui serpente cahin-caha dans les rues étroites d’Alfama, de Baixa ou du Bairro Alto en grinçant dans les courbes. Un antique tram jaune et blanc aux bancs de bois, d’où le conducteur descend parfois actionner les aiguillages ou déplacer avec les voyageurs une voiture mal garée.

A Cais do Sodre, l’ancien quartier des marins, vous prendrez le train pour Estoril et Cascais et le bateau pour Cacilhas et ses célèbres restaurants de fruits de mer, de l’autre côté du Tage où se dresse un immense Christ debout. Pour la charmante Sintra, plus dans les terres, il vous faut prendre le train à la gare du Rossio.

On la croyait plutôt fado, la voilà devenue techno. On la pensait endormie, et voilà que ses nuits sont plus blanches que jamais. Petits bars cosy, lieux plus design, cafés artistes… Au cœur du Lisbonne historique, la colline du Bairro Alto est un terrain de jeux pour tous les noctambules. Dédaignant volontiers les boîtes à fado, aujourd’hui presque exclusivement réservées aux touristes, les Lisboètes s’y donnent rendez-vous en fin de semaine. Rua Dom Pedro, rua Do Diaro de Noticias, rua Da Norte ou rua Da Atalaia, vous trouverez sûrement l’inspiration pour la fête dans une atmosphère bon enfant et décontractée.
Par Guy Le Flécher
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Vendredi 16 janvier 2009



lille3000 revient avec Europe XXL. Du 14 mars au 12 juillet, Europe XXL met à l'honneur l'Europe de l'Est et Istanbul. La traversée inédite d’un nouveau continent, celui d’une Europe transfigurée, 20 ans après la chute du mur de Berlin, au gré de grandes expositions, de week-ends survitaminés, de spectacles surprenants, de fêtes, de métamorphoses, de mode, de cuisine, de littérature et de nouveaux lieux où s’arrêter vivre. Lille et l’Eurométropole se mettent à l’heure du nouvel Est, pour aller toujours plus loin. Quatre mois d’aventure globale, via cinq fuseaux horaires ! Bon voyage à travers les frontières invisibles !

Avec 2 500 manifestations et des millions de participants, Lille 2004 Capitale Européenne de la Culture a marqué les esprits en ouvrant Lille sur le monde et en mettant en lumière le dynamisme et la créativité des hommes et des femmes du Nord. Désormais, lille3000 poursuit cet élan en abordant la modernité et les grandes questions contemporaines, en allant à la rencontre de nouvelles cultures.
A Lille et dans toute la métropole transfrontalière, des événements, des œuvres installées dans la ville, de grandes expositions, des spectacles, et des Midi-Midi  proposeront au public de plonger, de jour et de nuit, au cœur de la vie bouillonnante de capitales et de villes mystérieuses et méconnues : Istanbul, Berlin, Riga, Tallinn, Vilnius, Budapest, Bucarest, Varsovie, Ljubljana, Belgrade, Zagreb, Sarajevo, Moscou... Sous le nom de Europe XXL, cette deuxième édition de lille3000, a choisi d’aborder, après l’Inde, un nouveau territoire : l’Europe centrale et orientale. Et propose, vingt ans après la chute du Mur de Berlin,  la découverte d’une Europe transfigurée réunissant les pays fondateurs, les nouveaux entrants, les membres à venir… on ira même jusqu’à Istanbul…

Un projet culturel et citoyen…


Les expositions, les spectacles, les concerts, les rencontres, les fêtes ou les séances de cinéma seront autant d’occasions de découvrir de nouvelles cultures, de s’émouvoir et de réfléchir. La foisonnante programmation Europe XXL a été conçue avec l’envie de franchir les frontières et d’explorer le monde contemporain, dans sa richesse et sa complexité. Par exemple, la rambla, c’est-à-dire la rue Faidherbe, avec la parade des Anges et Démons que l’on nous annonce surprenante, devrait être une évocation forte de la dualité du monde. Tout au long de ces quatre mois, on pourra découvrir des artistes d’Europe centrale et orientale d’une formidable créativité  qui abordent notre époque avec beaucoup de lucidité et d’humour.
A travers eux, on découvrira des villes et des capitales européennes extraordinairement modernes et bouillonnantes, telles que, peut-être, on ne se les imagine pas. Les Midis-Midis, ces week-ends de fête et de culture non stop, du vendredi soir au dimanche soir, seront d’ailleurs des moments étourdissants dédiés à Berlin, Varsovie, Budapest et autres cités. L’Europe et ses grands enjeux seront aussi abordés avec de grands intellectuels, des historiens, des écrivains, des journalistes et des hommes politiques dans le cadre de conférences et de rencontres. Notamment lors de grands débats les 6 et 7 mai à Lille Grand Palais.
Si ces quatre mois d’Europe XXL (du 14 mars au 12 juillet) seront l’occasion de faire de belles découvertes culturelles ils nous permettront aussi de réfléchir, de débattre de l’Europe, de son histoire, de son avenir.
L’Europe a-t-elle encore un message humaniste à porter ? Car c’est un territoire qui a toujours eu foi en l’homme. Peut changer le monde quand il va si mal ? Quelles sont les frontières de l’Europe, qu’elles soient géographiques, mentales, ou encore culturelles ? Ce sont autant de questions que nous poseront les artistes, et de nombreux intervenants venus de toute l’Europe.
Belle occasion aussi de croiser nos regards et d’échanger nos points du vue de l’ouest à l’est.

… à porter et partager ensemble

Depuis plusieurs années, les Lillois ont partagé ensemble, et avec d’autres, - de la région, de la France entière, et même de l’étranger -,  de formidables projets et expériences. Les succès de Lille 2004 et de Bombaysers de Lille, ont été possibles par cette mise en commun de toutes les énergies. Ces projets, c’est toute une ville, tout un territoire qui les ont portés.
On se rappelle en 2004, les fabuleuses fêtes d’ouverture et de clôture, ses centaines de milliers de personnes dans les rues, les décorations de vitrines des commerçants, le pain Lille 2004 ou le café Lille 2004! On se souvient, en 2006, lors de Bombaysers de Lille, des parades de danseurs, des affiches et des vitrines indiennes, les Indes Festives. Ce ne sont là que quelques exemples de ce qui a été inventé à Lille, avec un enthousiasme incroyable et dans un vrai esprit de coopération.
Et à chaque nouvelle édition de « lille3000, le voyage continue »… Pendant que la programmation s’organisent ce sont tous les Lillois qui se préparent eux aussi l’Europe XXL. Ainsi, des centaines de choristes de toute l’Eurométropole apprennent depuis décembre les répertoires d’Europe centrale et orientale pour la fête d’ouverture (voir encadré) du  14 mars prochain.
Dans les quartiers, à Hellemmes et à Lomme, l’Europe Festive  succédera aux Indes Festives . Des réunions de présentation et de rencontre avec les habitants ont eu lieu dans tous les quartiers et les villes associées depuis l’été dernier et chacun d’eux travaille actuellement sur la thématique qu’il a retenue : la République Tchèque dans le Centre, le Danube aux Bois Blancs, Istanbul à Wazemmes, la Pologne au Faubourg de Béthune, etc. Chaque quartier abordera dans toutes ses facettes une ville ou une région d’Europe de l’Est. Sont réunis dans ces projets une centaine d’équipements (culturels et autres), des dizaines  d’associations, des commerçants, et bien sûr de nombreux habitants. Ce sont déjà près de 50 projets qui ont été recensés et qui prendront forme dans les semaines à venir.
Comme en 2006, l’Europe Festive donnera lieu à des temps forts entre moments conviviaux, spectacles, expositions, ateliers culinaires, ou débats.
Dans les écoles également, les enfants travaillent sur un beau projet intitulé « l’Europe racontée aux enfants par les enfants ».
L’Europe XXL sera tout à la fois une grande fête, un fabuleux voyage, un espace d’échange… un rendez-vous à partager et vivre ensemble.

. lille3000, 105 Centre Euralille, 03 28 52 30 00. Site www.lille3000.com

Par Guy Le Flécher
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